Mais aucune n'a jamais réussi à égaler celle qui est certainement à l'origine de "ce nouveau genre revisité".
Les fans de Lubitsch vont certainement être indignés et vouloir me répondre: elle ne connaît rien au cinéma romantique celle-là
Peut être bien
Mais j'aimerais ici vous parler du genre "romantique" moderne, celui que Rob Reiner a créé avec son inégalable "When Harry met Sally".
Raconter l'histoire de deux êtres qui s'aiment n'est ni facile, ni drôle, ni passionnant.
Ce qui est fascinant dans le jeu de la séduction que mènent ici nos deux protagonistes c'est surtout l'évolution de leur histoire. Ils ne s'aiment pas, se détestent, s'aiment bien puis finissent par s'aimer.
Tout cela semble basique et sans consistance et pourtant c'est là que réside le secret de la réussite d'une bonne comédie romantique:
Ils doivent apprendre à se connaître, ne pas pouvoir se supporter pour tomber dans les bras l'un de l'autre. Et la chute, qui doit être certaine, ne doit arriver que dans les 3 dernières minutes du film.
Car ce qui retient le spectateur d'une comédie romantique c'est la petite lutte que mènent les deux héros.

When Harry met Sally a créé cette recette, laquelle bien que retentée de nombreuses fois n'a jamais su donner un tel résultat.
On peut se demander pourquoi? Je crois que tout est dans la subtilité avec laquelle Rob Reiner a déroulé son scénario.
Il a su prendre son temps pour raconter chacune des rencontres de Harry et Sally. Il a su décrire avec une très grande précision nos héros et la manière dont ils évoluent chacun avec les années: on connaît parfaitement le caractère de chacun d'entre eux, leurs défauts, leurs manies, leurs qualités (Ces petits détails sont essentiels: Sally est une maniaque de la commande au restau, et Harry commence les romans par la fin. ça paraît superficiel mais ça ne l'est pas. Précisément, on aime se retrouver dans ce que le réalisateur décrit). Et surtout, ils ne tiennent pas à eux seuls le film. Les personnages secondaires sont soignés et également très attachants (Carrie Fisher est brillante et drôle et on aura une pensée pour Bruno Kirby qui nous a quittés cet été).

Les dialogues sont extraodinaires et les idées tellement géniales qu'elles ont donné lieu à des scènes mythiques. La scène de la simulation dans un delicatessen et la réplique de la grosse bonne femme (la mère du réalisateur du reste) qui dit au serveur: I'll have what she's having est bien sur culte mais il n'y a pas que cette scène ou cette réplique. Je ne peux m'empêcher de sourire en repensant à:
- "You made a girl miaw? au cours d'un entraînement sportif entre les deux copains
- A la scène où Sally chante au karaoké dans un magasin de gadgets et que Harry rencontre son ex
- A celle où Sally s'empiffre de m&m's quand sa copine essaie sa robe de mariée et l'interroge sur la nouvelle conquête d'Harry
- Au lendemain du passage à l'acte
Bref, il y en a autant que de scènes du film car celui-ci est fait de petits chefs d'oeuvre du genre

Et puis c'est New York, en hiver (avec ses sapins de Noël,le Rockefeller center et sa patinoire), au printemps, en été, en automne (central park rougi par ses feuilles de chêne).
C'est le jazz chanté par Harry Connick junior.
Mais vous connaissez l'histoire, la recette, et l'effet.
Prenez juste le plaisir d'y regouter (souvent).
On ne peut pécher par gourmandise en revoyant 100 fois ce merveilleux film, toujours copié, jamais égalé.

La note de Julie: 19/20