Parallèlement, tout ce petit monde est ébranlé par la sortie de prison d'un exhibitionniste pédophile, Ronnie Mac Gorvey.
Commence alors un véritable acharnement contre le pauvre pervers qui tente, poussé par sa vieille mère, de s'en sortir et de refaire sa vie dans ce milieu hostile. La petite guerre est menée par Larry Hedges, un ancien flic réactionnaire, qui a dû quitter la police après une bavure au cours de laquelle il a tué un enfant.
Little Children retrace l'histoire de ces destins parallèles: celui de Sarah, de Brad, de leurs enfants, de leurs conjoints respectifs, de Ronnie, de la mère de celui-ci et de Larry.
On perçoit assez bien l'état d'esprit de chacun, les névroses et les désirs refoulés.
Sarah est une madame Bovary moderne, donc désillusionnée, qui n'attend rien de personne, ni même de son amant. Elle cherche seulement à se savoir libre
Brad est un adolescent attardé qui n'est, visiblement animé, par rien sauf par ses regrets d'enfance (le foot, le skate).
Le film dépeint assez bien ce qui semble être une amérique qui s'ennuie et qui cherche à s'évader.
Seulement voilà, ça ne suffit pas à tenir en haleine un spectateur.
Derrière ces destins croisés, le réalisateur ne parvient pas à tisser une toile ou, encore, à construire un puzzle. On est bien loin de American Beauty ou de Magnolia, qui, chacun à leur manière, retraçait la vie de gens ordinaires névrosés et prêts à exploser.
Car de ces deux derniers films se dégageait une émotion et un génie dont Little Children est complètement dénué.
Le jeu des acteurs n'est pas à remettre en cause, ni même la mise en scène.
Non le problème provient avant tout d'un sénario extrêmement faible et de dialogues inconséquents.
On sent bien que ce dernier a tenté (vainement) de créer une atmosphère de lenteur, de langueur et de passivité, à l'image des femmes américaines au foyer qu'il a voulu décrire.
Mais on ne parvient pas à être plongé dans cette ambiance ni donc à vouloir véritablement s'intéresser à l'issue de ce chassé-croisé.
Quant à la morale du film, on a également du mal à la cerner. Tient-elle à dénoncer les extrêmes du puritanisme américain (ce dernier aura en définitive raison de toutes les déviances) ou tout simplement à montrer que les adultes restent toujours de petits enfants?
Je préfère, pour ma part, penser qu'il s'agit de la dernière hypothèse.