Après avoir passé l'été à pleurer la mort de Cédric qu'il n'a pu empêcher et à encaisser le retour de Voldmort, Harry est forcé d'utiliser ses pouvoirs en présence d'un moldus, son cousin. S'en suit un procès partial qui fera découvrir au jeune sorcier Dolorès Ombrage, sa nouvelle professeur de la défense contre les forces du mal. Cette dernière, véritable "oeil de Moscou" du Ministère de la magie qui se refuse à croire les révélations d'Harry sur le retour de Voldemort, soumet Poudlard à l'Inquisition en chassant Dumbledore. Harry qui sait le danger grandissant devra contrer les obstacles parsemés par le Ministère via Ombrage. Avec ses fidèles amis, il va monter une véritable petite armée de défense, "l'armée de Dumbledore", et devoir se battre, une nouvelle fois, contre celui dont on doit taire le nom.
Harry a grandi, ses amis aussi. Il n'est plus l'enfant qui, 5 ans auparavant, avait fait ses premiers pas à Poudlard. Il connaît ses premières amours (insipides à souhait), ses doutes. Tiraillé entre l'enfance et l'âge adulte, il doit toutefois emprunter prématurément les pas d'un sorcier accompli. Les souvenirs le blessent. Le manque parental le fait cruellement souffrir. Seuls les pics que se lancent Hermione et Ron donnent au film un peu de légèreté, sans oublier les frères Weasley et le personnage du professeur Ombrage admirablement joué par Imelda Staunton (déjà vue dans Raisons et sentiments aux côtés d'ailleurs et déjà d'Emma Thomson, le professeur Trelawney, et de Alan Rickman, le professeur Rogue). On ne saurait lui reprocher pourtant d'être sombre et austère. Le nouvel épisode, comme les précédents, fait encore rêver. Le réalisateur a su recréer de manière parfaite l'atmosphère magique du roman. L'école de Poudlard c'est un peu la nôtre. On aime à s'y retrouver une fois l'an. Et si le roman nous le permet déjà, le film nous en donne une nouvelle occasion. On ne saurait la bouder et ce d'autant que le réalisateur, à l'image de la romancière, déborde d'une imagination sans limites qui ne laisse au spectateur aucune frustration. Le nouvel Harry Potter a vraiment tout d'un grand.