Prémonitions n'est pas un film de SF ou de paranormal. On est bien loin des frayeurs de l'Exorciste. Les messages véhiculés auraient très bien pu être prononcés par un précheur évangéliste devant une foule d'illuminés: "On ne peut rien contre son destin" / "L'amour est plus fort que tout" / "La famille y a que ça de vrai" / "Les miracles ne sont pas toujours là où on les situe" / "Chaque évènement a un sens précis"... Et bien d'autres encore.
La mise en scène est plutôt bonne, Sandra Bullock qu'on préfère rigolote (cf Two weeks notice) se débrouille plutôt bien en mère et épouse désoeuvrée et le film est assez bien construit. Bien que tout cela se tienne, le film reste quand même à éviter. Car derrière une pseudo histoire de prémonitions, le réalisateur nous déverse une montagne de messages moralisateurs et un vague tableau (pas très fouillé) d'un couple en déperdition. Rendons lui toutefois hommage pour la leçon de cinéma qu'il nous livre. Il a réussi à rendre Julian McMahon franchement laid (qu'est-il arrivé aux sourcils du beau et sexy docteur Troy?) et aussi expressif qu'une escalope de poulet. C'est toutefois sans commune mesure avec la piteuse prestation de Peter Stormare (l'affreux Abrusi de Prison break) aussi crédible en psy que soeur Thérésa aurait pu l'être en Pretty woman. La coupe de cheveux le rendrait plutôt digne de jouer dans Full Metal Jacket. Patch work sans grand intérêt, Prémonitions ne présage donc pas d'une bonne rentrée cinématographique...