L'exigence principale du distributeur, c'est le nombre de séances.
Dans la distribution, on part du principe que lorsque vous avez un commerce, si vous voulez vous donner la chance d'accueillir le plus grand nombre de clients, il vous faut de larges horaires d'ouvertures. Ce qui n'est pas faux en théorie. Sauf qu'en pratique, et principalement pour les plus petits établissements (1 ou 2 écrans), il devient parfaitement inutile de multiplier ces séances lorsqu'on propose 2 ou 3 films par semaine, et que l'offre s'adresse à un bassin de population défini et limité...
Selon les films, ce nombre de séances peut varier, généralement imposé sur les 3 premières semaines d'exploitation. Au minimum 6 ou 7 en première semaine pour les plus petits films, 15 ou 16 sur 3 semaines pour les plus forts potentiels, avec parfois une demande dites de séances "sèches", c'est-à-dire tous les jours et sans parasitage par des animations ou séances spéciales. Il va sans dire que pour la deuxième possibilité, les monoécrans, dont la capacité de projections hebdomadaire culmine à 10 ou 12, sont d'office mis de côté au profit des complexes ou encore mieux des multiplexes. En effet, ces derniers peuvent facilement proposer une diffusion sur une 40aine de séances hebdomadaires, avec parfois un choix entre de la VO et de la VF (politique de programmation UGC). Ce flux-tendu de projection n'est pas exempt de critiques.

Les attributions de copies, parcours du combattant...
La distribution en France est ventilée sur 6 régions cinématographiques (la Grande région parisienne en tête, la région du Nord, de l'Est, celles de Bordeaux, de Lyon et de Marseille). Chaque distributeur, s'il dispose d'autorisations dans chaque région, attribue un nombre de copies à chacune. Le plus grand nombre revient généralement à la Grande région parisienne, les 5 autres se partageant la 2e partie.
Le problème des attributions commence par les villes : certains distributeurs refusent d'allouer des copies sur les premières semaines à autres choses que les métropoles. De ce fait, le plus souvent, les multiplexes disposent de plusieurs copies chacun (dont quelques-unes qui vont rester dormir dans leurs boîtes, ce qui est quasiment irrégulier). Les circuits régionaux des salles de proximité disposent d'ordinaire pour ces gros films d'une à trois copies, durant minimum 3 semaines, afin d'achalander leurs quelques 60 salles (pour les plus gros circuits, faites la proportion). Les plus petites salles accèdent aux copies lorsque les plus grosses les libèrent et lorsque les distributeurs accèptent de leur confier. Les programmateurs ont résolu une petite partie de ce problème en mettant en place des systèmes de partages de copies entre plusieurs salles sur une même semaine cinématographique (du mercredi au mardi) : les cinémas groupent alors leurs séances sur une moitié ou un tiers de semaine, et le nombre total est ainsi satisfaisant pour le distributeur.

En cas de litige...
Les distributeurs grand public sont en général assez regardants sur l'exploitation de leurs films. Leurs principaux interlocuteurs sont les programmateurs des grands cinémas (Megaramas, Grand Ecran), des grands circuits (UGC, CGR, Gaumont, Pathé) et des réseaux de proximité. Mais il leur arrive parfois (c'est rare mais notable) de débarquer dans des petites salles, ou de passer des coups de fils anarchiques, afin de vérifier que leurs doléances ont bien été respectées. Et en cas de séances trop éparses, tarifs trop bas, etc. ils gardent le loisir de décider de leur avenir commercial avec la salle contrôlée... Et il arrive que certains distributeurs n'aient malheureusement pas connaissance des difficultés des plus petites salles.

Bien heureusement, nombre de distributeurs restent de bons collègues pour les exploitants.