l'avis
de
Samuel
Naze

Bonne nouvelle : Florence Foresti est enfin drôle ! Débarrassée des oripeaux dont la télévision l’affuble habituellement pour forcer le trait (chez Ruquier et consorts), la comédienne est formidable en fille perdue à la recherche du grand amour.
Mauvaise nouvelle : Florence Foresti n’occupe qu’un second rôle aux côtés de Carole Bouquet et Marc Lavoine dans ce film raté et paresseux. Une fois posée la rencontre entre la grande bourgeoise bien pensante (devinez qui s’y colle ?) et son squatteur de voisin, un sdf bourru (mais, ouf, pas inculte : il aime le cinéma), plus rien ne se passe. Anne-Marie Etienne se contente de filmer (plutôt mal, d’ailleurs) nos deux héros socio-discordants aux prises avec des personnages en forme de clichés ambulants : le clodo philosophe, l’amant bcbg mais antipathique, l’intello dépressif… Un peu court quand on louche de manière aussi appuyée du côté de Capra ! Les portes claquent, les répliques très écrites fusent, on rit parfois mais sans croire jamais à ce Chouchou et Loulou version Lutte des classes.
Lors d’une scène, pourtant, le film laisse imaginer ce qu’il aurait pu être. Dans une crêperie cradingue, Marc Lavoine est tout content de manger une « beurre-sucre » avec Carole Bouquet. Le malaise palpable de celle-ci devant tant de crasse et de gras, ses gestes pour éviter à son manteau griffé de finir dans le beurre, son rire pour masquer son désarroi… tout cela sonne juste. Comme si Carole Bouquet ne jouait plus. Ou plutôt, comme si elle jouait enfin le jeu au lieu de recycler imperturbablement d’un film à l’autre son image de grande bourgeoise sympa. Dommage, le miracle ne dure que deux minutes. Pour un film d’1h28, c’est peu.
Trop peu.