Entre la magie du cinéma et les désillusions de la vie, Woody Allen nous montre l'ambiguïté du rapport entre l'écran et la réalité. La caméra au poing, en nous racontant cette histoire improbable, il tente de percer le mystère du spectateur: ses envies, ses motivations et l'impact du film sur sa vie. La parabole qu'il nous livre sur le pouvoir des images est drôle, tendre et à la fois très triste. Car il pousse à l'extrême son propos. La vie est dure, sans saveur et les échappatoires, comme le cinéma, ne sont qu'illusions. Cécilia vit des moment uniques en rentrant dans l'écran avec son aventurier. Ce dernier l'aime simplement, fidèlement, passionnément.Il l'aime dans une vie où l'argent et les soucis n'existent pas, où la fête est permanente. Elle sait au fond d'elle que chaque instant improbable qu'elle partage avec lui ne peut durer. En choisissant pourtant de retourner dans la vie réelle où elle croit pouvoir faire perdurer la magie, Cécilia va de déception en déception.
La Rose pourpre du Caire est avant tout un film très drôle où les situations les plus cocasses sont mises en scènes avec beaucoup d'humour. On pense en particulier au moment où les acteurs de "la Rose pourpre du Caire" qui ont perdu leur explorateur fugueur se mettent à discuter à partir de l'écran aux personnes qui sont dans la salle de cinéma. Petit à petit, les personnages du film se retrouvent dans la même pièce à ne plus savoir quoi faire, en fumant cigarette sur cigarette.
L'imagination dont fait preuve Woody Allen est parfaitement unique! Mais la Rose pourpre du Caire est surtout un hymne à l'amour du cinéma et une critique du monde du cinéma. Tout en saluant les bienfaits, le pouvoir hypnotique de l'écran, il souligne le caractère éphémère d'un film. Le temps d'un film est court. Et souvent, c'est vrai, son effet se dissipe presque instantanément. Mais ce n'est pas le cas de la Rose pourpre du Caire. L'histoire de Cécilia a marqué et marquera tous ceux qui savoureront ce film merveilleux. Loufoque, drôle, plein de modestie, Woody Allen nous livre certainement ici l'un de ses films les plus original et les plus marquant.