Retrouvailles contraintes et forcées, les trois frères ne sont pas franchement sur la même longeur d'onde et tout paraît les séparer. Quelques milliers de kilomètres plus loin, et après 12 engueulades, les voilà réunis, une nouvelle fois autour de la mort. Après tout, ils ne sont pas si dissemblables: ils ont le même père (mort pour toujours) et la même mère qui semble ne se soucier que des enfants des autres et pas des siens.
La famille, thème central de ce film que le réalisateur avait déjà caressé dans La famille Tenenbaum (forcément), c'est à la fois très compliqué et très simple. Il y a les gènes et l'histoire commune qu'on ne peut pas renier. Alors on s'aime toujours un peu, souvent dans la souffrance.
Le décor de ces retrouvailles familiales est merveilleux. Loin d'un décor plaqué ou d'une simple carte postale figée, le réalisateur nous fait découvrir un pays chaud, coloré, parfois un peu kitsh et si précaire. A l'instar de la barque de fortune qui se renverse sur une rivière en colère emportant avec elle trois pauvres enfants, l'Inde est fragile. Mais qu'elle est belle, qu'elle est authentique. On tombe sous le charme de ses habitants accueillants, de ses hotesses de train dévergondées, de ses cireurs de chaussures un peu voleurs.
On aime aussi beaucoup le mélange des genres musicaux: entre les sitars et les Stones, notre coeur balance franchement!
Darjeeling Limited n'a rien de très compliqué. Il ne cherche qu'à ballader son spectacteur dans un décor inconnu en lui faisant partager les retrouvailles d'une fratrie somme toute assez normale. Bien qu'il ne révolutionnera pas l'histoire du cinéma, on l'aime parce qu'il est indépendant et qu'il ose dire peu, en toute simplicité et avec une très grande authenticité.