L'épouse, la mère dont le beau visage est inondé d'un triste sourire et dont les accoutrements conformes à la tradition n'arrivent pas à enlaidir.
La femme silencieusement soumise à la rigueur de son mari et maître laisse s'épanouir sa douceur et son amour auprès de son fils. Le fils Ménahem, malgré la pression éducatrice du père qui suit son bon apprentissage des commandements de la Torah, laisse parfois libre cours à l'aspiration naturelle d'un enfant curieux et rêveur.
Découverte du nid d'une colombe sur le rebord d'une fenêtre de l'école.
Echange d'une image contre des billes dans la cour de récréation.
Mais cette découverte et cet échange seront aussi la source d'une transgression de commandements et partant d'un affrontement avec le père.
Et puis vint le moment programmé de la détente, en famille, d'une excursion à la Mer Morte.
Excursion selon la tradition où le père va continuer à suivre les commandements: la femme sur une plage réservée aux femmes et le père et le fils avec les hommes.
Et puis va survenir le drame alors que tous les hommes sont rassemblés face à la mer pour la prière du soir.

Bien sur je ne dirai plus rien de l'intrigue.
J'ai pensé à Bergman, le maître du cinéma dépouillé de tous les artifices, où la lente et triste musique des suites pour violoncelles de Bach et la lumière crépusculaire allaient accompagner son introspection des tourments humains avant la survenance du drame.
Infinie douceur du visage de la mère.
Candeur souvent triste de l'enfant.
Soumission au père.
Masse imposante du père.
Absolue rigueur.
Plaisirs banis.
Seules l'étude et le respect des commandements.

My Father, My Lord, le premier film de David Volach, a été conçu comme un dialogue thématique avec le “Décalogue 1” de Krysztof Kieslowski, variation sur le thème de l’histoire d’Abraham et Isaac.
David Volach est né en Israël en 1970 et a grandi, avec ses 19 frères et sœurs, au cœur de la communauté Haredi (orthodoxe) de Jérusalem, l’une des communautés juives les plus ultra-orthodoxes du pays. Avant d’avoir 20 ans, il a été étudiant dans la prestigieuse Yeshiva talmudique de Ponevezh, où il a entamé un long processus de laïcisation. A l’âge de 25 ans, il a quitté la communauté religieuse, est devenu laïque et s’est installé à Tel Aviv pour entamer des études de cinéma.
On pense alors à Haïm Potok
Ce film a été récompensé au festival de TRIBECA 2007- meilleur film, au festival de TAORMINA 2007-meilleur réalisateur et au festival de HAIFA- meilleur réalisateur.
Il passe actuellement dans 14 salles en France.