Une fois digéré, In Bruges ne laisse pas indifférent. Il doit son intérêt à un scénario original et incomparable, à cette histoire loufoque, à ce couple de tueurs touchants et très humains. Colin Farrell qui campe le personnage de Ray est délicieux dans ce rôle de tueur rempli de remords, un peu dépressif, un peu séducteur. Sa naïveté et son côté manichéen le rendent attachant. D'ailleurs, dans cette ville froide et un peu glauque, les tueurs ont tous les mêmes caractéristiques, le même code d'honneur. L'amitié, les principes....Les tueurs ont une âme. Un peu comme dans les films de John Woo. Sauf que les films anglais sont bien plus déjantés et bien moins prétentieux que les films hong-kongais. C'est justement le côté décalé de la situation qui rend In bruges si intéressant.
A côté de cela, l'image est absolument magnifique et on ne peut que saluer une mise en scène impeccable et une photo sublime.
Le réalisateur parvient à faire ressentir avec exactitude et précision les sensations des protagonistes. Le spectateur a froid et n'envie pas les deux tueurs. Il sent bien qu'entre l'ennui de Ryan et les virées touristiques de Ken, il préférerait un voyage aux Bahamas.
Et, à l'instar de notre fougueux tueur, le spectateur a bien envie, parfois, de s'enfuir, de quitter cette ville froide et glauque, son atmosphère mortuaire. C'est peut être le seul travers de ce film atypique, cette petite dose d'ennui. Mais précisément, cela ne fait-il pas partie du jeu, de provoquer une telle sensation?
Dans l'esprit loufoque, décalé et "so british", on préfère Hot Fuzz qui est bien plus drôle et plus étoffé. Mais Martin McDonagh, le réalisateur, réussit dans le même temps à interroger et à étonner le spectateur perplexe. On ne peut donc en sortir indifférent. En résumé, In Bruges est une curieuse expérience...C'est aussi ça le cinéma!