l'avis
de
Julie
chef d'oeuvre
Le cinéma n’a pas encore dit son dernier mot. Il y a encore des films qui montrent, disent d’une manière inédite. Il y a des films qui bouleversent et qui, plus qu’une réalisation, qu’une simple œuvre artistique, sont des véritables expériences. Valse avec Bachir c’est avant tout l’expérience psychanalytique de son réalisateur, Ari Folman, mais c’est aussi celle du spectateur. Est-ce un film d’animation ? Pas vraiment. Un film sur la guerre ? Un peu, beaucoup. Un film sur la culpabilité ? Certainement. Mais aussi un film sur une jeunesse détruite, un film sur un pays en guerre, un film onirique, un film sur le silence, un film sur l’âme, un film sur les hommes. Valse avec Bachir, c’est une succession d’images, de tableaux, de détails.
C’est d’abord, dès ses premières minutes, un choc visuel. On n’avait jamais vu. C’est très vite l’image de la guerre avec celle de ces chiens assoiffés de sang qui courent dans les rues de Tel Aviv, bousculant tout sur leur passage, les hommes, les femmes, les enfants, les chaises.
Puis la violence laisse place à une discussion entre deux amis, accoudés à un bar. Un rêve, celui d’un ancien soldat israélien qui était chargé d’abattre les chiens à l’arrivée des troupes dans les villages palestiniens. Car il fallait les taire. Ce rêve, ce tumulte réveille alors les angoisses de Ari Folman. Il y était, lui aussi, au Liban, en 1982. Mais pour lui, c’est l’amnésie la plus totale. Puis, c’est son rêve. Ce n’est pas celui des 26 chiens assoiffés de sang. C’est celui de trois soldats, jeunes et beaux, qui sortent de la mer, la nuit, face à un immeuble criblé de balles. Les fusées lumineuses éclairent le ciel. Il y a un décalage entre le sentiment de paix qui émane d’eux et ces femmes en pleurs qu’ils croisent, plus tard, au détour d’une rue.

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