Luca, le jour de la sortie des classes, juste avant de passer le bac, décide de dire ses 4 vérités à son prof de philo: "vous êtes un raté, un sadique, mal habillé etc.....". Seulement, voilà, son petit discours injurieux à peine achevé, le dit prof l'informe que c'est lui qui, exceptionnellement, est en charge de faire passer les oraux de rattrapage du bac. Pour Luca c'est la panique. Le soir même du désastre, coup de foudre lors d'une soirée improvisée. Notre amoureux se trouve tiraillé entre l'envie de retrouver la belle Clémence dont il a pu admirer la nudité dans un placard obscur et l'angoisse de devoir passer l'oral de rattrapage devant son prof de philo.
Autour de Luca, il y a une bande de potes aussi superficiels que lui. C'est le début des ébats sexuels, des premiers joints, des tests de grossesse ratés, des amitiés impossibles, des amours contrariées, des mobilettes un peu pourries. Tous les clichés de l'adolescence sont bien réunis. Mais bien que TOUS les ingrédients de la comédie nostalgique-sympathique de l'été se retrouvent dans le scénario, la recette ne fonctionne pas. Dès les premiers instants du film le soufflet tombe et laisse place à une gimauve à peine sucrée. La faute à des dialogues inexistants (SO prévisibles), creux, à des situations quasi improbables. Franchement, vous en connaissez beaucoup des profs de philo qui, après s'être faits insulter par un élève, décident d'aider ce dernier et de le préparer au bac, en lui racontant, au passage, leurs secrets les plus intimes, et tout ça dans leur salon (off course)? Et puis, quand je repense à cette scène où tous les potes sont réunis, sous la pluie, à genoux, dans la rue, le soir, devant la fenêtre de celle qui, enceinte, a décidé de quitter son petit ami qui l'a trompée avec sa soeur (à elle, biensûr), je me dis que l'imagination du réalisateur a dépassé les limites du raisonnable et surtout qu'il n'a pas peur du ridicule.
Les films sur l'adolescence ne doivent pas être nécessairement graves et austères pour dire vrai et plaire. D'ailleurs être jeune c'est aussi être léger, insouciant, obsédé. La Boum, à l'époque, était bien plus authentique. On pouvait même s'y retrouver.
Malgré de multiples tentatives, "Nos 18 ans" ne parvient pas à nous replonger dans nos vieux souvenirs. Je me souviens pourtant d'un temps que les moins de 35 ans ne peuvent pas connaître....Le début des années 1990, la terminale, le bac, Eurythmics, Les Rita Mitsouko, Téléphone, "Come on Eileen" (so 1980's en fait). Et nous n'étions pas si bêtes!?????