De manière surprenante, les élèves répondent très bien à la contrainte d’obéissance qui leur est imposée.
Ils respectent l’uniforme de la chemise blanche et le salut du mouvement créé, « la vague ».
Petit à petit, ils excluent violemment tous les velléitaires.
Évidemment, l’élève qui se prête le plus au jeu est un adolescent paumé et complexé.
Le mouvement est pour lui comme une réponse à tous ses problèmes, un sens donné à son existence.
On mesure dans son personnage le danger du mouvement autocratique pour des personnes vulnérables et sans repères.
Mais la vague n’est pas qu’une fiction réalisée par Dennis Gansel.
A l’automne 1967, Ron Jones, un professeur d’histoire du lycée Cubberley à Palo Alto (Californie), a mené cette expérience avec sa classe en instaurant un régime de stricte discipline, restreignant la liberté de ses élèves et transformant la masse en un seul corps.
L’histoire vraie de ce mouvement nommé « la troisième vague », a inspiré le roman de Todd Strasser, « la vague », dont le film est adapté, qui est depuis vingt ans un classique de la littérature de jeunesse et qui figure au programme de nombreuses écoles allemandes.
Le sujet aurait mérité d’être traité plus finement.
Si la thématique est intrigante, ce qui gêne le plus le film vient sans doute du souci quasi obsessionnel de répondre à la question initialement posée : une nouvelle dictature est-elle possible ?
Plus jamais ça n’est pas vraiment la réponse apportée.
Les personnages sont caricaturaux, l’ampleur donnée au mouvement décrédibilise le propos du film.
La première partie est plutôt réussie, la seconde est carrément ratée.