Pendant le premier quart d'heure du film on se dit que finalement Gad Elmaleh, sans être un réalisateur de génie, s'en sort pas si mal. Les personnages existent et même si on a peu d'empathie pour Coco, l'énergie qu'emploie l'homme orchestre pour nous faire rire arrive tant bien que mal à nous soutirer un sourire. Mais une fois dépassée l'introduction, le film patine, les sourires laissent place à une moue dubitative, voire à une totale incompréhension lorsque la mère de Coco (Gladys Cohen) nous fait le coup de "il est au SPA" / "il ose pas", blague éculée que la même actrice avait déjà servie dans La vérité si je mens avec le traiteur Lenôtre / le notre. Tout le film finit par être, à l'image de cette vanne paresseuse, un gigantesque gachi.
Le scénario enchaine les invraisemblances à l'instar de la scène ou Coco apprend qu'il a un problème cardiaque et qu'il risque de mourir d'un jour à l'autre, Coco accuse le coup / CUT / on retrouve Coco entouré de ses gardes du corps en train de faire un petit jogging sans autre explication. J'aurais également pu vous citer la présence énigmatique du père complètement inexploitée, ou du rôle de la sœur (pauvre Noémie Lvovsky) qui a nécessairement dû être coupée au montage tant son apparition au milieu du film est un mystère. Je pourrais continuer comme cela longtemps.
Reste Manu Payet et Ary Abittan qui s'en sortent pas si mal et quelques vannes rigolotes presque toutes dans la bande-annonce. Si sur scène Gad Elmaleh peut transformer n'importe quel bide en situation comique, le cinéma est un langage qu'il ne maitrise pas encore. Le scénario est baclé et le montage incertain. Un beau gachi car avec l'attente qu'il a su créer autour de son film cela aurait pu être la comédie de l'année. Dommage.