Good morning England est aussi un film sur une poignée d'hommes déjantés, déconnectés de la réalité qui ont fait de leur passion une raison de vivre, une façon de vivre. Être avec eux sur ce bateau pendant deux heures c'est partager leur folie et, bien sûr, leur passion musicale. On s'attache très facilement à eux comme ces fans anglaises prêtes à partir sur un bateau de pêche pour les retrouver. Le voyage sur The Boat that rocked passe rapidement. On ne s'ennuie jamais. Comment pourrait-on? Au son des Stones et des autres, le temps passe vite. Et puis en plus d'être DJ ces hommes nous offrent des moments drôles, des situations atypiques.
Pourtant, malgré cette bonne dose d'énergie, de sympathie et cette BO fabuleuse, le film patine un peu. Il souffre parfois du même travers que Love actually, le précédent film du réalisateur: le simplisme. Richard Curtis n'abuse-t-il pas un peu de la musique? Son omniprésence occulte trop les dialogues qu'on lui aurait parfois préférés. Le scénario ne pèche pas pour autant. Après tout l'idée est originale et sa mise en scène prenante. Mais à force d'entendre les tubes les plus incroyables s'enchaîner de manière aussi systématique, de voir l'Angleterre danser encore et encore au son de Radio Rock et de pleurer les dernières heures de la radio pirate, on regrette que le réalisateur se soit laissé emporter par la musique et ait délaissé le ressort humain. Car les acteurs qu'il a choisis, magnifiques et uniques chacun dans leur rôle de "nerds du rock" auraient pu donner encore plus de saveur au film. Philipp Seymour Hoffman, Bill Nighy et Nick Frost, pour ne citer que trois d'entre eux, apportent chacun, dans un genre et un registre différents, une dose de folie et d'humour au film. Quant au candide Carl au travers des yeux duquel l'histoire de la bande de DJ de Radio Rock est racontée, on aurait aimé que le réalisateur nous en raconte plus. Le passage éclair de sa mère délurée interprétée par la grande Emma Thompson est sous exploité. Tout comme cette histoire de quête de père inconnu. Le personnage de Carl est bien présent mais aurait pu jouer encore mieux son rôle de fil conducteur. On regrette donc juste que ce voyage musical de deux heures ne soit pas un peu plus humain que rock'n roll.
Reste que the Boat that rocked vous fera sourire, swingger, rêver, regretter vos 16 ans et vous rappellera que "Music was my first love but it will be my last" (désolée pour cette dernière référence qui n'est pas du tout, mais pas du tout, à la hauteur de la bande son)!