Dans un premier temps, le film prend le ton d'une comédie légère, en exploitant sans lourdeur les situations amusantes auxquelles peuvent donner lieu les rencontres entre les différents personnages, avec en particulier de délicieux échanges entre une Natalie idéaliste et une Alex presque aussi cynique que George.

Quand les certitudes du personnage central seront remises en cause, on comprendra qu'il ne s'agit pas de l'invulnérable George Clooney, mais de Ryan Bingham, qui lui est humain (sous-entendu il ne négocie pas directement avec le Tout Puissant à coup de machines à café). Et donc Ryan est en proie au doute, il n'est pas toujours capable de contrôler ses sentiments, et il peut même connaître des échecs.

Le ton se fait alors plus sérieux, et on en vient à se dire que ce film n'est pas une pure distraction, mais que l'on veut peut-être nous faire passer un message. J'ai trouvé que ce changement de ton était allé un peu trop loin : la toute dernière partie du film tombe par moments dans le sentencieux, comme si les auteurs voulaient se faire pardonner le cynisme du début, et réparer les dégâts qui ont été commis pendant cette première période insouciante. Ce basculement d'une comédie sans prétention, mais distrayante, vers un film apparemment plus ambitieux n'est pas une totale réussite.

Néanmoins l'ensemble reste globalement très agréable, et il permet surtout de voir un George Clooney qui redescend sur terre, à la hauteur de nous autres pauvres humains. Et c'est un vrai plaisir de constater que ça aussi, il le fait très bien.