19 sep.
Des hommes et des dieux: au nom de l'autre
Par Julie Buk Lament, Critiques
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l'avis de Julie |
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Xavier Beauvois a choisi un sujet fort. Mais au lieu d'en traiter l'aspect politique, d'évoquer le drame avec le sang, il a fui à tout prix le voyeurisme. Avec pudeur, il a pris le parti de nous montrer les hommes, leur dilemme et leur cheminement intérieur. A la fois simple et précise, la réalisation est en réalité ambitieuse. Le réalisateur épouse le rythme des huit moines dans le monastère pendant deux heures pour tenter de nous expliquer le choix de ces hommes presque condamnés à une mort certaine. Il prend son temps pour nous les montrer dans leur quotidien, dans la prière, la discussion, l'hésitation. A travers l'introspection des moines, il pousse chaque spectateur face à sa propre réalité, à ses propres dilemmes. La montée en puissance, alors que le drame se précise et devient presque tangible, est faite de manière à peine perceptible. Ne cherchez pas l'effusion, le sang, les larmes. Le monastère de l'Atlas reste un havre de paix malgré les armes qui la pénètrent, malgré les cris. Dès les premiers instants, le ton est donné. La menace existe dès le départ. Le film retrace le cheminement de pensée des moines jusqu'à leur mort inexorable. Autour d'eux, les hommes se battent.
















