Mais ce qui frappe dans ce nouveau film à l'aube des 75 ans du réalisateur c'est la puissante dérision qu'il porte sur les individus. On y retrouve le père merveilleusement interprété par Anthony Hopkin septuagénaire en pleine crise existentielle trop tardive. Il refuse de vieillir. Fait du sport à outrance, des Uv pour paraître plus beau. Divorce et s'amourache d'une "poule" de luxe incarnée par une blonde à forte poitrine qui joue de lui. L'épouse, lui soutire tout son argent mais l'homme n'est pas dupe. Il s'aperçoit vite de son erreur; elle prend un amant ( le prof de fitness) et on sent alors le regard pitoyable que le vieil porte sur lui même.
On y retrouve aussi la fille interprétée par Naomie Watts, 40ans, mariée à un médecin qui veut devenir écrivain. Ce dernier tente de publier un roman sans succès, cherche l'inspiration chez sa voisine devenue sa muse (Superbe Freida Pinto revelee par Slumdog millionnaire)...
Naomie Watts tente de trouver elle aussi le bonheur auprès de son directeur ( Antonio Banderas) pour qui elle travaille dans une galerie d'art. Elle aussi fait mauvaise route, mauvais choix. Elle tente de s'épanouir dans son travail en rêvant d'une liaison amoureuse avec son patron mais tout n'est qu'illusion.
Enfin, la mère abandonnée tardivement par le mari (Antony Hopkins) est au bord du désespoir et cherche une issue en consultant sans succès plusieurs psy. Elle trouve refuge chez une voyante vénale qui lui redonne espoir en racontant des histoires de reincarnation, de sciences occultes dépourvues de tout bon sens. Mais elle adhère et s'y accroche comme à sa dernière bouée.
C'est finalement un film assez noir sur les illusions et les désillusions humaines, sur l'insatisfaction en général des individus qui cherchent ailleurs qu'en eux-mêmes le bonheur inaccessible.
Ce qui m'a particulierement touchée, c'est que ce film se déroule à Londres, dans la ville où je vis depuis plusieurs années et c'est avec beaucoup de justesse que Woody Allen filme les "black cab", les maisons victoriennes, les intérieurs kitsch.. et la pluie qui tombe sur Londres.
fiche du film