Pour ma part, la première partie ne m'a pas déplu et bien qu'elle reste moins passionnante que la seconde, sa noirceur et sa profondeur m'ont captivée. Les reliques de la mort, en son entier, est, à mon sens, une allégorie du fascisme parfaitement maîtrisée. Voldemort, monstre difforme n'est autre qu'un dictateur fou et mégalomane qui parvient à réunir autour de lui une horde de suiveurs lobotomisés. Leur pseudo élitisme haineux ressemble, à faire pâlir, aux ambitions hégémoniques des nazis.
Si l'on en reste à une lecture au premier degré, ce qui suffit déjà à captiver, le film reste fort et passionnant. En tant que fan de la première heure, j'ai retrouvé dans l'ultime épisode toute la magie du roman et plus encore. Le spectateur qui sait l'issue proche (sans connaître nécessairement la manière dont les choses vont se finir, pour celui qui n'aura pas lu la saga. Est-ce possible?) ne peut qu'éprouver une émotion croissante au fur et à mesure que les trois protagonistes se préparent à l'affrontement final. Pour une fois, la magie opère là où on ne l'attend pas: non pas dans les baguettes des sorciers mais dans l'héroïsme fou des trois héros associé à celui des étudiants et professeurs de Poudlard. Les effets spéciaux sont maîtrisés plus que jamais. Le dernier film de la série est le mieux abouti, le mieux réalisé, le plus fouillé, le plus complexe.
Le seul petit bémol reste le jeu un peu décevant de Daniel Radcliffe dont le visage manque à son arc quelques expressions. On le voit parfois coincé et on regrette qu'il ne flirte pas davantage avec la passion et la fougue dont son personnage n'est pourtant pas dénué.
Le film ne laisse rien au hasard. Pour une fois, la musique est soignée. Langoureuse, poignante, elle signera les deux derniers épisodes et particulièrement l'ultime qui, selon moi, est l'apothéose de la saga.
Bien sûr, les 8 films auront marqué mes 10 dernières années de cinéma. Non pas parce qu'ils sont des chefs d'oeuvre mais parce que l'épopée qu'ils retracent est originale, unique, intemporelle et universelle. Ma mention spéciale sera décernée à ce dernier épisode qui m'aura fait frisonner de plaisir et en deuxième et troisième positions à La Coupe de feu et L'Ordre du phénix.
C'est avec nostalgie que je me revois encore un soir de décembre 2001, faisant la queue pour découvrir nos jeunes sorciers encore enfants sur grand écran. J'avais encore devant moi 10 ans de magie. Dix années plus tard, cette magie n'opérera plus sur grand écran. Mon âme d'enfant avide de potions, de magies, de forêts enchantées et de sorcelleries en tout genre pourra seulement être consolée par les écrits qui restent et les dvd.

Mini-fiche du film: