l'avis
de
Julie

Quand un écrivain livre son premier roman, il se livre, il se dit. Ce grand déballage fini, il peut enfin passer aux choses sérieuses. C’est là que sa sincérité peut capter –enfin- l’attention du lecteur. Ce narcissisme de première plume, je ne le retrouve pas chez le réalisateur qui met en scène son premier film. Ce qui étouffe les mots sous un flot de détours inutiles, on le retrouve sous la forme bienheureuse de détails touchants dans l’œuvre cinématographique. Montrer n’est pas dire. Le spectateur perçoit, sourit, admire. La connivence suit quand le film est empathique, sympathique. Je repense avec un sourire aux lèvres et avec nostalgie à Un monde sans pitié (ma première fois seule au ciné. J’étais inspirée !). Œuvre personnelle, dose de soi, pour ne pas dire don de soi. Le spectateur montait sur les toits parisiens avec Hyppolite Girardot et participait à ses soirées improvisées dans son grand appartement parisien. Je repense avec un sourire aux lèvres à Je préfère qu’on reste amis (premier film de Eric Toledano et Olivier Nakache). Histoire d’amitiés improbable, drôle et touchante. Les opposés Depardieu/Rouve faisaient à eux deux l’équipe des serial noceurs à laquelle on voulait appartenir. Romain Lévy réussit le même tour, et de la même manière. En se livrant par petites touches et petits clins d’œil, son premier film, Radiostars, œuvre très personnelle, est une réussite mêlant subtilement l’humour au film de potes.

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