l'avis
de
Julie

Jacques Audiard montre d’abord l’insoutenable. Un père, Ali, et son enfant, Sam, sans toit. Un père qui fait les poubelles du train qui les descend dans le sud. Il montre l’irresponsabilité (le père semble oublier parfois qu’il est père, que son enfant l’attend, livré à lui), la fragilité (l’enfant, sa petite tête blonde angélique, ses sandales rouges sales). Il montre la pauvreté et l’humilité ensuite. La sœur chez qui ils retrouvent refuge, dans le sud de la France, est caissière. Son mari routier. Ils vivent simplement dans une petite maison qui a des allures de caravane. Elle récupère les invendus fraîchement périmés pour se nourrir au quotidien. Le frère et la sœur se parlent sans manière. Ils n’en ont pas. Et pourtant elle l’accueille, lui donne un toit, le nourrit lui et son enfant sans histoire. Jacques Audiard montre crûment la pauvreté, des êtres bruts, la difficulté de vivre au quotidien. C’est d’abord le personnage d’Ali qu’il brosse. Un être brut, animal, qui semble avoir poussé sans tuteur. Un homme sans manière, sans éducation ni délicatesse. Et puis il y a la rencontre, un soir, entre lui et Stéphanie, dans la boîte de nuit où il est devenu videur.

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