Analyse de l'actualité et du box-office cinématographique

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26 oct.

Le diable s'habille en Prada

Ce ne sont pas vraiment les qualités extrinsèques de ce film qui sont à déplorer.
Meryl Streep (alias Miranda Priestly) en patron-dragon joue plutôt bien.
Le rythme du film n'est pas mauvais non plus. On voit progressivement la jeune Andy Sachs (Anne Hathaway, récemment vue dans Brokeback Mountain), d'abord pleine d'idéaux, plonger dans les âbimes du monde démoniaque du journalisme de mode. Les personnages secondaires sont assez soignés (Emily, l'assistante principale, Nate, l'amoureux bouseux, Nate, le pote homo qui a du goût).
Seulement voilà, le film n'est pas bon, mais alors pas du tout.
On peut s'en étonner vu les qualités décrites plus haut?
La morale sous-jacente du film est tout bonnement insupportable.
Rapidement pour le pitch: Andy veut devenir journaliste et est prête à tout pour le devenir. Elle accepte donc un poste de sous-assistante de Miranda Priestly à la tête d'une très grande revue de mode alors même qu'elle est notoirement réputée pour sa froideur, ses exigences et sa rigidité.
Mais Andy, opiniatre, s'accroche en se fixant le challenge impossible de rester à tout prix.
Mais voilà, la petite vend son âme au diable et se met à porter du Prada. Elle finit même par ressembler à cette patronne si détestable.
Et là, le film dénonce certaines valeurs en les mettant en parallèle avec celles dont il fait l'apologie.
Le travail et l'ambition (et la mode?) nuisent à l'amour, à l'amitié, à la famille et aux idéaux. En gros, ils sont contraires aux bonnes moeurs.
Le film va jusqu'à opposer le copain (bouseux) cuistot sympa en jean basquettes avec un jeune écrivain branché, beau et plein d'avenir( mais qui en fait est très méchant).
Andy est blâmée pour avoir trop travaillé pour les méchants et avoir perdu de vue les fondamentaux.
A priori pourquoi pas?
Seulement le film est une simple peinture caricaturale du milieu de la mode et au lieu de soigner avec subtilité son propos, il s'engouffre dans des clichés bidons et manichéens.
Il finit certes par une petite touche d'espoir: l'esquisse de sourire sur les lèvres de la sévère Miranda Priestly quand elle voit partir la jeune Andy de son journal de mode pour embrasser la profession de journaliste d'opinions.
Le diable ne serait pas si méchant que ça et aurait même du coeur.
Mais même cette dernière image est "cliché".
Doit on rappeler au réalisateur David Frankel que l'Art est dans la subtilité et le raffinement?
Car il semble l'avoir oublié.

note de Julie : 08/20

20 oct.

Le Grand Meaulnes - berk

Réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe
Avec Jean-Baptiste Maunier, Nicolas Duvauchelle, Clémence Poésy
Film français.
Genre : Drame
Durée : 1h 40min.
Année de production : 2006
Distribué par TFM Distribution
Voici l'avis d'une jeune fille de 14 ans :

"D'abord, c'est nul qu'un type de 16 ans joue le même personnage jusqu'à ses 25 ans .Ce n'est pas en lui ajoutant une moustache qu'il aura l'air plus crédible !
Les acteurs sont presque tous mauvais ; l'histoire est très mal adaptée ; il n'y a que 5 minutes du films qui sont intéressantes, le reste est barbant .
J'ai réalisé un film en CM1 avec des copines : et bien, le grand Meaulnes est pire !"


16 oct.

"Hard Candy", un bonbon dur à avaler

Date de sortie : 27 Septembre 2006 - Fiche Allociné
Réalisé par David Slade
Avec Patrick Wilson, Ellen Page, Sandra Oh
Film américain.
Genre : Thriller
Durée : 1h 43min.
Les avis des auteurs de ce blog étant partagés, je vous propose de les découvrir l'un et l'autre

Jérôme
Quelle affiche !!! On ne parle pas souvent des affiches de film, mais quand j'ai vu celle de Hard Candy je suis resté devant à me demander ce qu'elle évoquait: curiosité, mystère, angoisse.
Le petit chaperon rouge tête couverte est en danger, et pourtant on a pas peur pour elle. Inutile de vous rappeler l'histoire (il suffit d'aller sur la fiche d'Allociné) mais concentrons nous sur les ressorts du film: n'est pas victime celle qu'on croit.
La première scène entre les deux protagonistes est excellente, Ellen Page en petit chaperon rouge qui à l'air de se faire croquer par le grand méchant loup Patrick Wilson, si on insiste sur le côté juvénile de la première on ne note pas assez le côté "prédateur" du deuxième (dans cette scène du moins).
Une fois le décor posé, le film patine un peu et on a du mal à accrocher. L'histoire est totalement invraissemblable, et les personnages pas très attachants, mais il vaut le coup d'être vu car assez dérangeant, c'est d'ailleurs aussi le gros défaut du film car à force de vouloir appuyer là ou ca fait mal ca en devient lourd ...

Julie
On pourra éviter de passer 1 heure 43 dans les salles obscures pour découvrir le premier film de David Slade qui était connu jusque là pour ses films publicitaires et ses clips vidéos.
D'ailleurs rien d'étonnant à cela. Le film est un long, très long clip vidéo qui sans esthétisme (pourtant) nous raconte la confrontation entre un bourreau et sa victime.
Mais l'idée originale du film (car il faut bien lui trouver un point positif) c'est que le bourreau est une jeune lolita qui, la bouche en coeur, torture celui qu'elle soupçonne d'être un pédophile.
Alors le spectateur, qui reste sur ses gardes, ne peut avoir que de la sympathie pour la victime (le prétendu pédophile) puisqu'il est beau, a l'air gentil etc...
Finalement, le bourreau avait raison. Le jeune photographe était bien un pervers et méritait son sort.
Le film n'est pas manichéen contrairement à 8 MM de Michael Schumacher (1999) qui avait pris l'horrible parti pris de la peine de mort et de la vengeance privée.
Hard Candy nous ballade peut être pour nous prouver qu'il ne faut pas se fier aux apparences.
Mais surtout "Hard Candy" est prétentieux, vide et ennuyeux.
On est très vite lassé par cette caméra coup de poing, cette actrice fatiguante, cette intrigue sans intérêt.
David Slade peut continuer à tourner des pubs ou des clips mais s'il veut faire des thrillers, il serait bien inspiré de revoir les classiques de B. de Palma.

La Note de Julie: 8/20

13 oct.

Le Pressentiment

Date de sortie : 04 Octobre 2006 Réalisé par Jean-Pierre Darroussin
Avec Jean-Pierre Darroussin, Valérie Stroh, Amandine Jannin
Film français.
Genre : Drame
Durée : 1h 40min.
Année de production : 2005
Distribué par Bac Films

Ce film est lent, dépressif et déprimant, bizarrement joué et filmé...et malgré tout, j'en suis sorti remué ! Car finalement, la forme rejoint le fond .
Dans un monde normé, il sort des conventions au même titre que son héros, avec toutes les difficultés que cela suppose .Rien n'est plus déagréable à une société que de voir un de ses membres refuser les carcans qu'elle lui impose .
Et là où le film étonne, c'est dans sa volonté à simplement montrer, sans jamais chercher à expliquer ou justifier .Et ceux qui n'appréciaient pas dans la salle sont les mêmes qui rejettent ou critiquent dans la vie celui qui fait le choix d'être différent ...La volonté d'être soi, indépendamment des contraintes sociales devraient être notre volonté à tous ; c'est l'opposé, car la norme est trop forte : ce film nous le rappelle .
Deux axes du film sont particulièrement marquants : tout d'abord, il ne tombe jamais dans la caricature, car ne vise jamais un groupe social en particulier .Et on étouffe de toutes ces conventions, aussi fortes chez les grands bourgeois que chez les gardiennes d'immeuble, ou les femmes de ménage : chaque groupe attend de l'autre qu'il réagisse d'une certaine manière, et chacun réagit de la manière prévue : quand le personnage joué par Daroussin en attend autre chose (en fonction de sa propre envie du moment, et non des conventions), ça dérange !
Ensuite, un élément objectif permet à la société de justifier, à ses yeux, le comportement de Daroussin ; du coup, chacun retrouve ses marques, et se sent rassuré. Cette analyse du besoin de rationnaliser les actes qui sortent de l'ordinaire apporte une finesse au propos du film qui le rend définitivement intelligent .
Peut-être faut-il avoir eu le désir de "changer de vie" pour apprécier ce fim ? Mais qui n'a pas eu ce désir, même profondément enfoui ?

Le pressentiment est un livre ; il doit être parfait, je ne l'ai pas lu .J'ai vu le film, et j'ai aimé ...


10 oct.

C.R.A.Z.Y, le meilleur film de l'année 2006

Réalisé par Jean-Marc Vallee - Fiche Allociné
Avec Michel Cote, Marc-André Grondin, Émile Vallée
Film canadien.
Genre : Comédie dramatique
Durée : 2h 9min.
A priori, ce petit film canadien n'a d'autre prétention que de celle de raconter une saga familiale, l'histoire d'une famille de cinq garçons très différents que l'on voit grandir entre les années 1960 et les années 1990.
Et pourtant, très vite, on réalise qu'il rassemble tous les ingrédients du grand, du très grand film:
Pas seulement par ses dialogues drôles et tendres (les sous-titres en français s'imposent même si l'on croit que le québéquois est du français), pas seulement pour ses personnages touchants, pas seulement pour sa musique (les amateurs de Bowie et des Pink Floyd ne seront pas déçus - grande scène du héros dans la peau de Ziggy Stardust- ), pas seulement pour son rythme.
Le réalisateur a su mener en haleine le spectateur pendant plus de deux heures sans fléchir, sans l'ennuyer ne serait-ce qu'une seule minute.
Et même s'il existe un personnage central, celui de Zachari Beaulieu (joué principalement par Marc-André Grondin, dont la beauté crève l'écran), il n'en reste pas moins que les autres ont leur part dans cette saga. Le père et la mère en particulier.
C'est une histoire d'amour: celle d'un père et d'un fils, celle d'une mère et de son fils, celle d'un garçon pour un autre.
C'est l'histoire des liens entre frères, de la connivence qu'ils peuvent partager mais aussi de la haine qu'ils peuvent éprouver les uns envers les autres.
C'est l'histoire de la découverte de son homosexualité, de la crainte de l'assumer, de la volonté de l'oublier, de l'enfouir par amour et par respect pour un père rétrograde.

On passe du rire aux larmes et des larmes au rire en un temps record.
Et quand on sort de cette expérience, on se dit essentiellement une chose: pourquoi si peu de films parviennent à nous émouvoir autant!
Si vous ne l'avez pas encore vu, courez y immédiatement et sans délai. On attend avec impatience le prochain film du réalisateur (Jean-Marc Vallée).

La note de Julie: 18/20

04 oct.

Viva Cuba

Date de sortie : 11 Octobre 2006 / Fiche Allocine
Réalisé par Juan Carlos Cremata Malberti
Avec Malu Tarrau Broche, Jorgito Milo Avila, Luisa María Jiménez Rodríquez
Film français, cubain.
Genre : Drame
Durée : 1h 20min.
Ce road movie vous permettra de découvrir la majestueuse île de Cuba à travers les yeux de deux enfants de 10 ans.
Quand Malu apprend que sa mère veut quitter le pays, son fidèle ami Jorgito décide de l'aider à rejoindre l'extrême Est du pays pour y retrouver son père et la seule possibilité de rester à Cuba près des siens et surtout de lui.
Les deux fugueurs nous mènent tout le long du film de ville en ville: La Havane, Varadéro, Trinidad...et nous font aimer ce merveilleux pays. A travers leurs craintes d'enfant et surtout celle d'être séparés l'un de l'autre, Malu et Jorgito nous racontent d'abord leur histoire d'amitié.Mais ils donnent surtout au spectateur l'envie de quitter la morosité de son quotidien pour partir visiter Cuba et découvrir toutes ses complexités.

Si le film n'a pas de velléités politiques ou polémiques, il montre en toute simplicité que les cubains sont partagés entre un désir de liberté et un attachement fort à leur culture.Ainsi, Juan Carlos Cremata Malberti nous donne plus d'une raison d'aller voir son film.

La Note de Julie: 14/20

Bande-annonce:


02 oct.

Friends with money

Date de sortie : 11 Octobre 2006 / Fiche Allocine
Réalisé par Nicole Holofcener
Avec Catherine Keener, Jennifer Aniston, Frances McDormand
Film américain.
Genre : Comédie, Romance

N'est pas Woody Allen ou Robert Altman qui veut... Car vraisemblablement dans ce film, le réalisateur a cru pouvoir s'en inspirer. Mais il n'est pas si aisé de dresser des portraits de couples en crise, ni encore de critiquer la société bourgeoise américaine.

Le réalisateur n'a pas su exploiter l'histoire de cette femme de ménage (Jennifer Aniston), ancienne enseignante, esseulée, qui ne parvient plus à communiquer avec ses trois amies fortunées. Son personnage est insipide pour ne pas dire sans intérêt. Quant aux trois couples qui l'entourent, ils constituent un patch work de la bourgeoisie américaine caricaturée sans être vraiment dignes d'intérêt. Aucun n'est crédible, ni attachant.

Le réalisateur n'a pas su prendre son temps pour décrire chacun d'entre eux. Du coup, le film manque cruellement de profondeur, d'humour et d'humilité. On lui préfère (sans aucun doute) Maris et Femmes de Woddy Allen ou encore Short Cuts de Robert Altman qu'il faut à tout prix revoir.

Ami spectateur, passe ton chemin


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