Analyse de l'actualité et du box-office cinématographique

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31 mar.

La tête de maman, deux films pour le prix d'un

  l'avis
de
Jérôme

Lulu (Chloé Coulloud) est une ado de 15 ans mal dans sa peau. Fille unique, elle se demande si un jour sa mère (Karin Viard) a été heureuse tant la pauvre femme fait peine à voir. Jusqu'au jour ou elle découvre une photo de sa mère aux allures de beatnik fêtarde. Si un jour elle a souri c'est qu'elle sait sourire. Lulu se met donc à la recherche de ce qui a bien pu rendre sa mère heureuse.
Difficile de définir le genre dans La tête de maman. Sûrement parce que c'est d'abord une histoire d'adulte, la recherche du bonheur, vue par les yeux d'une adolescente. On sourit souvent des dialogues savoureux. Les effets de mise en scène sont intelligents. Je pense à la mère assise sur son banc devant un mur qui se transforme en scène de cinéma. Toute cette atmosphère rend la première partie du film plus proche d'une comédie. Le film change de ton, consciemment ou pas, dès que Lulu rencontre Jacques. Il devient plus dramatique, plus grave. Il aborde des grands thèmes.
C'est finalement ce changement de rythme qui déroute le plus. On ne sait plus si c'est un film dôle ou un drame. Le mélange de genres n'est jamais génant au cinéma mais il faut que cela soit harmonieux. La rupture est ici un peu déconcertante.
Reste tout de même des comédiens excellents. Je pense surtout à Chloé Coulloud (découvert par Sylvie Peyrucq qui n'en est pas à son coup d'essai) qui joue juste, Kad Merad excellent de simplicité, Pascal Elbé que j'ai découvert et une mention spéciale à Sarah Cohen-Hadria en adolescente affirmée. J'ai volontairement omis Karine Viard qui, à mon goût, ne devient crédible que dans la deuxième partie du film.
La tête de maman est finalement un film plus riche que l'affiche et le titre ne pouvaient le laisser croire et qui mériterait de trouver son public.

30 mar.

Le come-back, une comédie pas très romantique

  l'avis
de
Julie

C'est certainement le générique de ce sympathique film qui marquera le plus les spectateurs.
Tout commence par un clip ringard des années 1980 où l'on voit Hugh Grant (Alex Fletcher), l'un des 5 chanteurs du groupe Pop, se déhancher. Tous ceux qui ont suivi le top 50 à cette époque là ne seront pas dépaysés et percevront bien vite le clin d'oeil fait à tous ces groupes chéris disparus...si vite, comme Wham, Aha, Francky goes to Hollywood...
Le tableau est dressé: Alex est un has been sur le retour qui se produit désormais exclusivement sur les scènes de parcs d'attraction, de foires rurales et de réceptions. Cora, la nouvelle Star à peine âgée de 20 ans, met en compétition Alex avec d'autres chanteurs eighty's, pour qu'il lui écrive son dernier single, le tout dans un délai d'une semaine. Entre alors en scène par un hasard un peu déroutant (elle vient remplacer une copine pour arroser les plantes du chanteur) la charmante Sophie Fisher (Drew Barrymore) qui a un don particulier pour écrire des paroles de chanson. A eux deux, Alex et Sophie, vont composer le dernier tube de Cora et finir, très vite, par tomber amoureux et blablablablabla.
En réalité le clou de la nouvelle comédie de Marc Lawrence , à qui l'on doit le non moins sympathique Two weeks notice avec le même Hugh Grant et Sandra Bullock est précisément Hugh Grant
L'acteur montre avec le temps qu'il est l'un des acteurs les plus drôles et les plus légers de sa génération. Après le Journal de Bridget Jones et Two weeks notice, Hugh Grant apporte à la comédie romantique la bonne dose d'humour (un peu british, un peu décallée) dont elle pouvait souvent être privée.
Seulement voilà le seul attrait du film est son acteur phare.
L'histoire est un vague prétexte à des dialogues plutôt bien ficelés et drôles. Mais à force de trop vouloir remplir le rôle de ce séducteur un peu snob et décallé, l'acteur devient une vraie caricature de lui-même. Mêmes si les rôles secondaires sont assez bien réussis (l'agent du chanteur joué par Brad Garret et la soeur de Sophie jouée par Emma Lesser) et si Drew Barrymore est plutôt très charmante, le cabotinage excessif de l'acteur leur fait de l'ombre.
Il manque donc beaucoup de romance à cette comédie qui se présente donc comme un one man show de Hugh Grant.

27 mar.

300, est-ce que le croisement génétique entre Gladiator, Le retour du roi et de Conan le barbare fait un bon film ?

  l'avis
de
Jérôme

Léonidas, roi de Sparte, entraine avec lui 300 soldats Spartiates dans une guerre illégale contre l'armé Perse. Le film raconte la bataille qu'a livré ces 300 guerriers déployants courage , bravoure et sens du sacrifice inspirant toute la Grèce à résister contre l'envahisseur.

Soyez prévenu, 300 est un film fort en adrénaline. Le casting peut filer un coup de blues à un Schwarzenegger au top de sa forme tant la démonstration de muscle et de tablette de chocolat est impressionnante.
Mais y-a-t-il autre chose ?
Franchement non.
Le film est un énorme cliché. Fade pastiche de Gladiator qui avait au moins le mérite de construire des personnages riches alors que chez 300 ils n'existent pas. Gerard Butler est aussi expressif qu'un poulet dopé aux hormones.
Le tout arrosé par une musique pseudo-religieuse digne du Retour du Roi. Monsieur Znyder, on peut créer une atmosphère dramatique sans passer en boucle les chants Géorgien.
Même la réalisation est lourde. Le ralenti est utilisé à outrance. Dans chaque scènes il y a un plan au ralenti. Le résultat c'est que cela fait un film prétentieux.
Mais que vient faire Franck Miller dans cette galère ? Ami spectateur ne te laisse pas avoir par la mention de Sin City sur l'affiche. La comparaison est digne d'une condamnation pour publicité mensongère.
Ce qui est curieux c'est que tous ces défauts ne font pas de 300 un nanard. C'est juste un film médiocre.

23 mar.

Ensemble, c'est tout: pour être avec eux

  l'avis
de
Julie

Ceux qui ont aimé le livre d'Anna Galvada "Ensemble, c'est tout" (Le dillettante, 2004) auront le bonheur de partager une nouvelle fois la vie de Camille, anorexique et esseulée, de Philibert, noble, bègue au grand coeur, de Franck, jeune cuisinier et rustre et de sa grand-mère, Paulette, qui ne veut pas qu'on la laisse mourir dans une maison de vieux.
Quant aux autres, ils auront la chance unique de découvrir l'histoire de ce quatuor touchant, drôle et attachant.
C'est avant tout une histoire d'amitié: Philibert (Laurent Stocker),qui a hérité pour un court moment de l'immense appartement familial ,décide d'y accueillir d'abord Franck (Guillaume Canet) puis Camille (Audrey Tautou), sa jeune voisine, femme de ménage, à bout de souffle et paumée et enfin la grand mère de Franck, Paulette (Françoise Bertin) .

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06 mar.

Le dernier roi d'Ecosse: vies et morts sous la terreur

  l'avis
de
Julie

Forest Whitaker n'est pas le seul atout de cette oeuvre majeure qui retrace l'époque d'enfer qu'ont vécue les ougandais dans les années 1970, sous le régime d'Amin Dada.
La performance de Forest Whitaker n'est même pas à rappeler. L'acteur est tant habité par le rôle qu'il transpire d'un bout à l'autre (au sens propre et figuré) la folie.
Il incarne à la perfection le rôle de ce dictateur sanguinaire paranoïaque, mégalomane, schizophrène qui, de 1970 à 1979, a semé la terreur dans un pays en quête d'espoir et de repère, en y tuant près de 300.000 personnes.
Le film a pris le parti de décrire l'homme vu du regard d'un jeune médecin écossais, Nicholas Garrigan (James Mac Avoy) .Amin qui se prend d'affection pour ce dernier décide très vite d'en faire son médecin personnel puis son plus proche conseiller. Pogressivement celui-ci prend conscience de la folie de son protecteur.

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02 mar.

Lettres d'iwo Jima, lettres de guerre

  l'avis
de
Julie

Le film dépeint, avec un très grand esthétisme la bataille au cours de laquelle les troupes américaines ont fait tomber Iwo Jima, île stratégique pour le Japon, au cours de la seconde guerre mondiale.
C'est plus particulièrement les derniers jours de soldats japonais que Clint Eastwood nous raconte à travers la lecture, en voix off, des lettres que ces derniers ont pu écrire à leur famille.
Si le film montre avant tout l'absurdité de la guerre en général, il décrit aussi avec sensibilité les qualités humaines essentielles: le courage, l'honneur, la volonté, l'amitié. Il rappelle aussi les comportements moins glorieux de ceux qui, d'un bord comme d'un autre, sont violents et inhumains.
Le réalisateur ne prend pas parti. Au contraire. Il laisse le spectateur face à l'absurdité de la guerre.
Mais il montre aussi combien la culture japonaise est très différente de la culture occidentale, comment les hommes préféraient alors se donner la mort plutôt que voir la défaite de l'empire.
L'honneur décrit ici est plus fort que celui qui est communément admis par les occidentaux.
Mais le film n'est en rien manichéen car alors que la bravoure de certains soldats qui se tuent peut y être saluée, le "déshonneur" ayant conduit certains à se rendre ou à refuser même de se suicider n'y est jamais condamnée.
La description de la "guerre des cavernes" est sublime. Le spectateur est plongé tout le long du film dans une couleur à peine descriptible: entre le jaune, le vert, le marron, le noir, le sang. Il a l'impression d'être engoncé dans du sable noir, celui de l'île, ou dans du sable rouge, celui des cavernes.
La musique n'est pas en reste et on peut féliciter ici Kyle Eastwood, qui n'est autre que le fils de...
La longueur du film , 2 h19, ne doit pas faire reculer le spectateur qui constatera une nouvelle fois le génie de Clint Eastwood.

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