Analyse de l'actualité et du box-office cinématographique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

31 mai.

Le scaphandre et le papillon

  l'avis
de
Jérôme
bon
Il y a des livres, comme des films qui nous embarquent disait François Truffaut. Pour moi, Le scaphandre et le papillon en fait partie. La lecture du livre de Jean-Dominique Bauby m'avait beaucoup touché: son histoire, son courage, ses mots. Je ne peux m'empecher de rapprocher J.D. Bauby de H. Guibert qui avait si bien réussi à exprimer sa colère, sa souffrance (je vous conseille la lecture de A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie).
Jean-Dominique Bauby est rédacteur en chef du journal ELLE quand il est frappé par un accident vasculaire qui ne lui laisse que sa paupière gauche de mobile. Il a toutes ses capacités intellectuelles mais son seul lien avec l'extérieur c'est cet oeil.
Ses aides soignantes parviennent à mettre en place un système de communication qui lui permet de choisir une lettre de l'alphabet par simple clignement de son oeil.
Chaque jour il mémorise chaque page de son livre et dicte chaque lettre de chaque mot. Titanesque.
Le film aurait facilement pu sombrer dans le mélo mais, comme le livre, il nous livre le récit d'une expérience forte.
Au-delà du drame, il s'attache à nous faire vivre les sentiments du personnage principal par son unique point de vue. Pour arriver à ses fins Julian Schnabel déploie quelques trésors de mise en scène.
Le son et l'image sont presque toujours en phase avec ce que le personnage principal peut entendre ou voir. Le son est ainsi sourd ou l'image floue quand Jean-Do se réveille ou quand il est fatigué. On est avec lui dans ce corps, véritable prison.
Mais c'est avant tout l'histoire d'un homme: ses rêves, son rapport avec les autres, les femmes en particulier, ses regrets, sa frustration de ce qu'il ne serra jamais.
Tout comme dans le livre, le film tire sa force dans sa sincérité. C'en est une belle adaptation.

18 mai.

Zodiac -Les hommes de l'obstination

  l'avis
de
Julie

Dans son nouveau film, David Fincher s'est écarté du parti qu'il avait pris dans Seven ou encore dans Fight Club, tous deux très "visuels", où la violence (leur sujet commun) était traitée de manière extérieure, grâce à la caméra.
Dans Zodiac, le réalisateur a gagné en pudeur, en maturité.
En réalité, le sujet du film n'est pas la violence bien qu'a priori on puisse le croire. Zodiac retrace en effet l'histoire d'un tueur en série qui,à la fin des années 1960, a semé la terreur en Californie.

Lire la suite


08 mai.

Still Life - supériorité du cinéaste sur le tour-operator

  l'avis
de
dbuk1000

Samedi soir 5 mai, veille du scrutin, Le Balzac à 20 heures affiche complet pour "Still Life" dont la projection démarre avec 20 minutes de retard pour laisser la foule s'installer.
Le phénomène responsable de cet engouement c'est STILL LIFE, Lion d'Or à Venise. Dernier film de "Jia Zhang-ke, dont le nom n'est pas encore familier du grand public, est sans doute le plus grand cinéaste chinois de tous les temps" - dixit la critique du Monde le 30avril.

Lire la suite


03 mai.

Spiderman 3....tant de mauvais choix

  l'avis
de
Julie

Dire qu'on l'attendait serait un euphémisme. On n'avait qu'une hâte depuis le dernier épisode de Spiderman, celle de retrouver Peter Parker, ses contradictions, sa naïveté, son romantisme, bref ce héros hors du commun, ce mec banal aux dons géniaux.
Les critiques, sans même l'avoir vu, nous avaient promis un troisième épisode surpassant les précédents (ça paraissait difficile à croire). On savait que Spidey serait black, un peu bad boy, qu'il serait attiré par le mal etc... Mais connaissant Sam Raimi et vu le deuxième épisode qui nous avait révélé un Spidey un peu torturé, mal dans ses collants, on s'attendait à voir ce dernier luttant contre ses mauvais penchants et empêtré dans de grands dilemnes.
On se doutait qu'il serait question du bien et du mal, que le propos serait peut-être un peu manichéen mais on ne s'attendait pas (non vraiment pas) à être embarqués dans un tel marasme cinématographique.
En résumé, Peter file le parfait amour avec MJ, les new yorkais l'adulent dans son rôle de Spiderman. Mais le gentil héros se révèle vaniteux. Il est fier de lui et enivré par sa gloire. Une substance extraterrestre (métaphore, on l'aura bien compris, du côté sombre susceptible de guetter tout héros à l'égo forcément surdimensionné) l'atteint et il devient très vite coléreux, agressif, orgueilleux, méprisant. Bref insupportable. Boosté par le mal qui est en lui, il doit par ailleurs lutter contre de multiples ennemis (d'ailleurs plus sympathiques que lui): l'homme-sable (qui à lui seul justifiera le détour), le bouffon noir, dont Harry (fils du bouffon vert) revêt les habits pour venger son père et Venom.
Côté coeur, il se montre franchement égoïste et, aveuglé par son narcissisme, il ne perçoit pas la détresse de sa dulcinée qu'il semble d'ailleurs laisser pour compte au profit de sa binôme de physique, Gwen Stacy (jouée par Bryce Dallas Howard, fille de Ron).
Tout cela est confus, compliqué et pourtant très simpliste à la fois. La confusion du film est causée par l'accumulation d'histoires qui s'entremèlent. Mais finalement chacune est sous exploitée (trop de protagonistes), la seule star qui sort de ce chaos d'effets spéciaux c'est Spiderman, le gentil, le méchant, et puis Peter Parker, le gentil, le méchant. Même MJ, tante May, Harry, voire Jonah Jameson (l'affreux rédacteur en chef de Peter joué par J.K Simmons révélé dans l'extraordinaire série Oz) sont occultés. Leurs rôles respectifs sont écrasés par celui de Spiderman.
Si seulement celui-ci méritait tant d'attention....Il n'en est rien. Sans souffrir d'états d'âme, Spidey est une véritable tête à claque. Certes quelques scènes plutôt amusantes nous révèlent un Peter-Spidey imbu et franchement désagréable. Mais Tobey Maguire n'a pas su rendre ce nouvel héros digne d'intérêt. Certes, un peu rigolo, un peu macho, un peu agressif, il ne suscite pas franchement la sympathie. Mais il n'incarne rien d'intéressant. Puis le passage à vide de notre héro laisse place au temps des retrouvailles: retrouvailles de Spidey avec lui-même, avec Harry, avec tante May, avec MJ. Mais au lieu d'exploiter la corde sensible du spectateur (son attachement au héros qu'il attend impatiemment de revoir dans ce troisième épisode), Sam Raimi sombre dans les clichés, s'engouffre dans une pauvre morale simpliste résumée en deux phrases: "dans la vie, il faut faire les bons choix car on a toujours la possibilité de choisir" et "il faut pardonner".
Le réalisateur, malgré les effets spéciaux, la galerie de nouveaux personnages, le côté obscur de notre gentil héros, la supposée maturité de ce dernier, n'a pas su recréer l'atmosphère magique des deux précédents épisodes. Ne serait-il pas encore temps qu'il jette les collants?

propulsé par DotClear