Analyse de l'actualité et du box-office cinématographique

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31 jan.

Walkyrie: des hommes d'honneur

  l'avis
de
Julie
Eté 1943. L'Allemagne enchaîne les défaites militaires en Russie et en Afrique du Nord. Les plus hauts gradés sentent le vent tourner. Et surtout, une poignée d'entre eux cherchent à renverser le pouvoir en place, à tuer Hitler. Dans les couloirs de la Wehrmacht à Berlin le ton monte. Rien n'est officiel bien sûr mais un groupe d'hommes se réunit déjà clandestinement et complote. Au même moment, le colonel Stauffenberg écrit son désespoir et son amertume à sa femme. Dès son retour de Tunisie où il perd un oeil, une main, des doigts, le colonel est rapproché par le groupe de militaires qui cherchent à faire tomber Hitler. Ils trouvent en lui l'audace et la volonté qu'ils n'ont pas, ou en tout cas pas suffisamment, pour mener à bien leur projet. Stauffenberg semble être l'homme de la situation, le cerveau de l'opération qu'il va lui-même dénommer Walkyrie, en hommage à l'opéra de Wagner. La partition semble parfaite, le ton est donné, et déjà la musique commence.

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19 jan.

Slumdog millionaire: Et si l'Inde m'était contée....

  l'avis
de
Julie
J'ai toujours aimé les contes de fées...Avec l'âge, cette petite faiblesse me fait culpabiliser. Alors je me cache derrière les étiquettes "comédie romantique", "comédie déjantée", "film onirique". Et pourtant, il n'y a pas de mal à aimer rêver. Le cinéma n'est-il pas aussi fait pour ça? C'est vrai que le dernier film de Danny Boyle est un peu un conte de fées. Mais pour autant, méritait-il les foudres de certains journalistes? Définitivement, non! Et si un pauvre orphelin des bidonvilles de Mumbai pouvait devenir riche? Et si, après avoir enduré les pires tours de l'existence, ce gamin, ce "slumdog" pouvait participer à un jeu télévisé et gagner des millions? ça ne pourrait pas être sans embûches. Car dans un pays où certains, qualifiés d'intouchables, n'ont même d'existence légale, les slumdogS, ces enfants des bidonvilles, ne semblent pas non plus avoir droit au bonheur.
Tout commence en 2006, dans un commissariat pouilleux de Mumbai, par un passage à tabac. Jamal, vient de gagner 10.000.000 de roupis à "Qui veut gagner des millions?". Mais visiblement, en Inde, ce serveur de cafés sorti des ordures, vivant de combines, ne peut pas, sans avoir triché, avoir su répondre aux questions posées...On le brutalise, on le torture, à coup de chocs électriques. Ce qui en sort ce n'est pas un aveu de tricherie, c'est son histoire, celle d'un enfant des bidonvilles, privé de parents, abandonné à lui seul, accompagné d'un frère, arpentant les rues de Bombay pieds nus, à la recherche d'un endroit où dormir.

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15 jan.

IL DIVO : Un homme politique en acier inoxydable!

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de
dbuk1000

A gauche le véritable Giulio Andreotti et à droite Andreotti interprété par Toni Sevello

Groggy......voilà comment je suis sorti de la projection après deux heures de coups ( bas) politiques assénés à un rythme d'enfer par le réalisateur Paolo Sorrentino sur fond de musique baroque ou rock avec comme décors le rouge cardinal, les ors, les marbres et les stucks des palais de la Républica Italiana en pleine décadence. Et pendant la projection, c'est comme si j'entendais des airs d'opéras de Verdi inspirés par Shakespeare.....
Et pour me remettre les idées en place et mieux comprendre cette tranche d'histoire de l'Italie, j'ai consulté Wikipedia depuis mon BlackBerry.

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12 jan.

Mon top 5 de l'année 2008

Sans grande originalité, je vous livre mon top 5 de l'année qui vient de s'écouler. Ce fut une année riche au cours de laquelle j'ai eu de véritables chocs cinématographiques.
Tout d'abord, je délivre ma palme exceptionnelle à Valse avec Bachir qui est, selon moi, l'un des meilleurs films de tous les temps.
Ensuite, sans contestation, je place Into the wild qui m'a littéralement bouleversée.
Vient après, un film coup de coeur: Soyez sympas, rembobinez! qui a touché mon âme d'amoureuse du cinéma.
Cette année 2008 fut bien sûr marquée par la performance de V.Cassel et de Mesrine: L'instinct de mort.
J'y ajouterai, en 5ème position, le très touchant The Visitor qui a confirmé le talent de R.Jenkins.
C'est un top 5, je dois donc bien m'arrêter là. Mais si on me laissait y ajouter mon 6ème coup de coeur, j'aurais un peu de mal à départager deux autres films qui, dans des genres très différents, m'ont emballée: No country for old men et The dark knight.
 
J'espère que l'année 2009 sera aussi riche. J'attends déjà avec impatience....

11 jan.

Burn after reading: A consommer avec modération

  l'avis
de
Julie
Et si finalement un film des frères Cohen pouvait être mauvais....J'ai beau vouloir faire ma méchante et même là, en sortant de Burn after reading qui est un film insipide et bête, je n'y parviens pas. C'est dire que les frères Cohen ont du talent. Les voilà réalisant un film sans AUCUN scénario véritablement construit et pourtant ils parviennent à en faire "quelque chose" de regardable...Auraient-ils un don? Ils savent s'entourer d'une horde d'acteurs incroyables, impeccables (John Malkovich, Brad Pitt, George Clooney, Frances McDormand, Richard Jenkins, J.K Simmons), les diriger, bien mener leur réalisation, choisir une bonne bande son. Deux ou trois blagounettes, des personnages loufoques et le tour est joué....Visiblement cette recette a su charmer son public puisque Burn after reading a déjà comptabilisé plus de 1.200.000 de spectateurs.
Seulement voilà, quand on est un réalisateur incroyablement génial, on ne peut, on n'a pas le droit de se contenter du minimum. Le talent ne suffit pas s'il n'est pas associé à une bonne dose de sueur. On pense ici en particulier à notre cher et tendre Woody Allen qui enchaîne les films comme il pourrait faire des cookies. Ils sont toujours plaisants. Mais à peine regardés, ils sont presque aussitôt oubliés! Non au prêt-à-regarder! Le cinéma n'est pas qu'un divertissement. C'est de l'Art. Le 7ème peut-être, mais qui garde sa place à côté du théâtre, de l'opéra. Il ne doit pas rougir de sa popularité et de son effet de masse. Il peut flirter avec l'humour, le loufoque, l'onirisme sans perdre pour autant sa saveur. M. Gondry et ses délires cinématographiques qui ont dépassé la sphère du loufoque peuvent en dire long là-dessus. J'ai encore les larmes aux yeux en pensant à Soyez sympas, rembobinez... Burn after reading couronnera peut-être la paresse des frères Cohen mais il décevra à coup sûr les inconditionnels des frères réalisateurs. Il pourra être soigneusement rangé avec Intolérable cruauté aussi insipide et sans saveur. Mais il ne pourra faire de l'ombre à tous les autres chefs d'oeuvres qu'ils nous ont jusqu'ici offerts: Barton Fink, Fargo, Blood simple, Miller's crossing, O'Brothers, The Barber et, bien sûr, No Country for old Man.

07 jan.

Le Chant des Mariées

  l'avis
de
dbuk1000
Un " petit grand film" c'est un petit budget et beaucoup de talent!
Des images "serrées" presque dénudées comme les femmes au hamman.
Le cinéma c'est comme la littérature: une belle écriture avec des vraies idées.
Pas de bruit, ni de show off mais beaucoup de subtilité et de sensibilité.
Une caméra légère comme le stylo du poète......
Vous avez compris: j'ai a-do-ré ce "petit grand film" pas assez distribué mais toujours à l'affiche.
Courrez-y ; vous y prendrez beaucoup de plaisir et vous rendrez hommage mérité aux talents de la réalisatrice, Karin Albou.

C'est le film d'une femme-mère encore jeune mais qui pose un regard presque nostalgique sur les très jeunes femmes, celles qui sont déjà tout à la découverte de leur corps, de leur sexualité, du regard des hommes et de leurs désirs et de leurs interdits et de leurs petites et grandes lâchetés.

Nostalgie de la Tunisie de cet été 1942, encore épargnée par les fracas de la guerre.
Nostalgie de la cohabitation harmonieuse, dans un même immeuble, entre une assez pauvre famille arabe et une mère juive qui élève seule sa jeune fille Myriam. Et Myriam est la meilleure amie de Nour, la fille de la famille arabe.
Cliché : la jeune juive va au lycée mais pas la jeune arabe.
Myriam aspire à l'Amour quand sa mère, veuve désargentée, veut la marier à un vieux-jeune médecin encore célibataire mais qui pourrait être le père de Myriam. Nour brûle déjà d'amour pour son cousin qui l'épousera quand il aura du "travail", ainsi en a décidé le père de Nour. Et ce n'est pas pour tout de suite.
Et puis l'arrivée des Allemands et les premières mesures pries en vue de déporter les Juifs.
Et les petites et grandes compromissions et jalousies feront le reste.
Le fiancé de Nour trouvera un bon "travail" auprès de la Gestapo: il est chargé d'indiquer les juifs et ainsi le mariage désiré par Nour pourra ainsi être célébré.
Et aussi sera célébré le mariage redouté par Myriam avec le bon docteur qui veillera aussi à ce que sa belle-mère ne manque de rien.

Incompréhension et drame pour Nour et Myriam qui se trouvent désormais dans des camps ennemis et dont le regard désormais porté sur l'autre, lamie d'avant, est en train de basculer.
Et l'amitié entre Nour et Myriam vacillera et mais elle résistera au pire.
Rédemption : la jeune arabe et la jeune juive, enlacées, prient chacune son Dieu pour leur salut commun.

Sur ce fond d'une jolie et tendre histoire à l'intérieur de l'Histoire, Karin Albou, qui interprète aussi avec justesse le role de la mère de Myriam, a ciselé délicatement et subtilement un pur chef d'oeuvre.
Cette histoire a sans doute "réveillé" dans sa mémoire des souvenirs qu'elle n'a pas eus mais que ses grands-parents ont du lui raconter.
Et elle a plaqué sur le drame de l' Histoire, le troublant éveil de sensualité de ces deux jeunes filles.
Pur moment de douceur, étoffe tissée avec les fils de Nour et de Myriam: leurs envies, leurs espoirs, leurs regards, leurs baisers, leurs attouchements presque lesbiens sur fond de la trivialité des mères et des femmes déjà mures.
Et c'est ce moment délicat de l'entre- deux que nous dégustons grace au talent de Karin.
Merci la réalisatrice.
Chapeau l'artiste.

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