Analyse de l'actualité et du box-office cinématographique

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30 oct.

Anything Else - Woody Allen en double

Il y a quelques temps, j'analysais "Harry, un ami qui vous veut du bien" sous l'angle du personnage imaginaire qui aide le héros à régler ses problèmes ; il y a un autre film, sorti 3 ans plus tard, qui peut être vu sous cet angle : Anything Else, de Woddy Allen ...


Dans ce film, Jerry, le héros joué par Jason Biggs, est un jeune écrivain, qui hésite entre partir vers l'ouest, où des opportunités pofessionnelles se dessinent, ou rester à NYC, avec sa copine (C.Ricci) .
Il rencontre alors un vieux écrivain, joué par W.Allen, qui vivait à NYC, d'où il est parti pour faire carrière à l'ouest, et qui va lui servir de mentor, lui ouvrant les yeux sur : sa copine, son avenir, son impressario, ...

Ca ne choque pas tout de suite, mais le personnage joué par W.allen se nomme : Dobel !
Alors, on peut revoir le film avec cette nouvelle approche : Dobel est en fait Jerry vieux, venu du futur, et ayant vécu tout ce que Jerry n'ose pas faire, pour lui prouver qu'il doit le faire .
Mais ce qui est surtout épatant, c'est que Dobel est en fait totalement invisible pour tous les autres personnages : et pour cause il n'existe pas ...(revoyez le fim sous cette optique, et vous pourrez le constater).
Si on a le même type de situation dans le sixième sens - à savoir que personne ne voit B.Willis - la différence notable : dans ce dernier, la clé nous est donné à la fin (et nous donne envie de revoir le film), alors que dans Anything Else, rien n'est dit. Le film s'auto-suffit dans ses répliques, son jeu d'acteurs, ses situations, ... ; mais en plus, on est libre d'en avoir cette interprétation. Et c'est cette finesse du propos qui place W.Allen dans le top des scénaristes-réalisateurs.
Merci .


23 oct.

La guerre des Mondes ou la fin qui gache tout (ou presque !)

On le sait bien : la fin d'un film constitue 80% de l'appréciation qu'on en aura ...Comment S.Spielberg a-t-il pu l'oublier ?

On attendait beaucoup de La Guerre des Mondes : un classique de la SF, un acteur plus qu'attractif (qu'on l'aime ou non) et l'un des meilleurs réalisateurs, capable de nous effrayer avec Les Dents de la Mer, faire rire avec 1941, émerveiller avec E.T., enthousiasmer avec Indianan Jones, révolter avec La Couleur Pourpre ou Amistad, étonner avec Jurassic Park et émouvoir avec La Liste de Schindler ...S.Speilberg avait même réussi à apporter sa touche au film de guerre, genre on ne peut plus galvauder, avec Il faut sauver le soldat Ryan, mais aussi à la SF, Rencontre du 3ème type étant autre chose que l'invasion de la Terre par des extra-terrestres .

Alors, pourquoi La Guerre des Mondes m'a semblé si mauvais ?
Tout d'abord, je dois avouer que depuis A.I.-Intelligence Artificielle (compris), les films de Spielberg sont largement moins réussis que les précédents ... ils sont au mieux sympas (Attrappe moi si tu peux), au pire mauvais (Minority Report) .Il est vrai que 30 années de chefs d'oeuvre excusent 5 années de rattage ... et qu'on attend à chaque fois le grand film .
Par ailleurs, Dakota Fanning - la petite fille - est totalement exaspérante : elle passe le film à pousser des cris stridents ... Spielberg, exemple dans la direction d'enfants acteurs, a été mal inspiré .
Tom Cruise, malgré ses efforts, est assez peu crédible : son jeu monolithique n'exprime ni la peur (il se retrouve tout de même devant des monstres qui veulent détruire la Terre), ni le chagrin (son fils a certainement explosé), ...
Même Tim Robbins fait pitié, et on se demande ce qu'il est aller faire dans cette galère (mais peut-on refuser à Cruise-Spielberg) ?
Mais, tout ceci aurait pu facilement être pardonné : finalement, ce n'est pas non plus du Bergman, c'est juste la Guerre des Mondes !!!
Mais ce qui est impardonnable, c'est la fin : tenus en haleine pendant près de 2 heures, on découvre dans les 5 denières minutes : - que les extra-terrestres monstrueux et méchants sont tous morts, comme par magie (d'où vient le virus, pourquoi, ...) - que le fils, qu'on était sûr qu'il était mort, et bien, pas du tout, il s'en est sorti, mais on ne sait pas comment - la ville est détruite, mais la femme et ses parents vont bien, ils ont de beaux vêtements tout propres, et font plus wasp que wasp, - et leur maison va bien aussi (malgré quelques feuilles mortes qui font désordres, mais qu'en temps normal, ils auraient fait enlevées par leur jardinier, qui n'a pas pu venir, à cause de ce que vous savez ...) .
Alors, on sort de ce film maussade, avec la légère impression d'un soufflé dégonflé !
Et peut-être même de s'être fait arnaquer .


18 oct.

X-Men 3 : Quel gachis !

Date de sortie : 24 Mai 2006
Réalisé par Brett Ratner
Avec Hugh Jackman, Patrick Stewart, Ian McKellen
Film américain.
Genre : Fantastique, Action
Durée : 1h 45min.
Année de production : 2005
Titre original : X-Men : The Last Stand
Distribué par Twentieth Century Fox France

Faire du cinéma, ce n'est pas reprendre une formule qui a marché ; c'est la raison pour laquelle il est rare de voir des suites (ou des remakes) dépasser leur modèle en qualité .
Il faut reconnaitre que sur certains aspects, XMen 2 a su dépasser XMen (1) .Et ce, certainement parce que Bryan Singer avait envisager une seule histoire, considérant le premier épisode comme l'introduction permettant de développer l'aboutissement du second épidsode .
Malheureusement, le succès de ces 2 films a poussé les studios à en mettre un troisième en chantier ... sans peut-être bien réaliser que ce n'est pas le titre, ni même les acteurs qui avaient plu, mais bien l'expression d'une obsession propre à B.Singer : comment gérer sa différence .C'est au travers de l'analyse et de la "profondeur" de ses personnages qu'il a pu traiter ce propos (en ce sens, il n'avait que reprendre la volonté des créateurs des comics) .Et c'est ce à quoi les spectateurs ont été sensibles .
Si la formule reprise pour le 3ème volet avait été celle-ci, il aurait pu être à la hauteur des 2 premiers ; mais, il était plus simple d'entrer dans la surenchère de nouveaux personnages, visuellement intéressant, excitant sur le papier, mais tellement survolés du point de vue psychologique ...
Le personnage d'Angel est à ce titre représentatif ! On en attendait énormément (c'est tout de même un des plus beaux de la série Marvel), et on n'a rien eu en retour (en dehors d'un problème d'acceptation avec son père, digne d'un cours de maternelle !) .
Et quoi de pire que d'être déçu, lorsqu'on attend beaucoup ?
On sort de la salle, et on pense : quel gachis !

ps : il semblerait que les studios aient en projet "Magneto" et "Wolverine", 2 films sur la vie des héros éponymes : aie, aie, aie !!!


12 oct.

Le plaisir et la réflexion ...

Le plaisir de la salle noire, de l'écran blanc et d'une histoire qui nous fait rêver ... Ce pourrait être le résumé du cinéma .Mais je ne peux pas m'empêcher d'apprécier encore d'avantage les films à tiroirs, au point d'aimer en trouver partout (des tiroirs) .
L'exemple du film Harry, un ami qui vous veut du bien est interessante à ce titre .La plupart du temps, on a mis en avant les acteurs (notament S.LOPEZ), l'ambiance lourde et prenante, l'originalité, ... .J'ai été surtout sensible à autre chose .
Admettons comme postulat de base que Harry n'existe pas autre part que dans l'imagination du héros ! tout le film prend alors une nouvelle dimension .
Le héros craque de sa femme, de ses enfants, de la route qui n'en finit pas, de ses parents, ... mais sa faiblesse l'empèche de jeter tout ça aux orties .Il profite d'une halte dans une station service pour s'inventer un personnage, issu de son passé qu'il regrette, et qui va l'aider à faire le tri dans sa vie, à remettre tout à plat pour faire ses choix .
A partir de là, il se déresponsabilise de chaque chose qui lui arrive, la mettant sur le compte de ce fameux "ami qui lui veut du bien" .Sa crise de 40 ans devient ravageuse, mais, de son point de vue, c'est Harry le responsable. Le passage le plus parlant étant bien évidemment celui où ses parents meurent : il a enfin "tué" ses parents !
Une fois le travail accompli, Harry ne lui étant plus utile, ce dernier disparait sans laisser de traces, comme s'il n'avait jamais été là ...
Revoyez ce film à travers ce prisme, et vous verrez que tout se tient .
Et vous ressentirez le plaisir et la réflexion !


06 oct.

Plaidoyer pour Tom Cruise

J'ai eu le bonheur de revoir récemment Jerry Maguire de Cameron Crowe (1996) et surtout de contempler l'incroyable jeu d'acteur de Tom Cruise.
Il y campe un agent sportif égocentrique qui décide du jour au lendemain de tout plaquer et de se rappeler à l'essentiel. A vrai dire, depuis qu'il deffraie la chronique pour cause de religion suspecte, de bébé suspect, d'épouse suspecte, de sexualité suspecte, j'ai toujours été une fervente défenseuse de celui qui est pour moi le plus grand acteur actuel.

Qu'on arrête de lui reprocher des faits qui ont exclusivement trait à sa vie personnelle! A la poubelle les Gala, Closer, Voici et autres torchons sans consistance.
On s'en moque!

Et qu'on se penche plutôt sur sa filmographie géniale et qui ne cesse de nous étonner et de nous bluffer depuis plus de 20 ans. Je me souviens encore du rôle ridicule qu'il tenait dans Top Gun (1986- je n'avais alors encore vu aucun de ses autres films (carrière commencée en 1981 avec Endless Love alors qu'il n'avait que 19 ans).
Mais le ridicule ne l'a pas tué ! Au contraire !
Car moins d'une année après le voilà aux côtés de Paul Newman dans un film de Martin Scorsese (The Color of money) et deux ans plus tard en train de jouer, sous la caméra de Barry Levinson, le frère de Raymond Babbitt (Dustin Hoffman) dans Rain Man (1988),dont on ne saurait rappeler le succès.
Laissez moi encore vous rappeler: Né un 4 juillet (1989) où il tient le rôle d'un vétéran du Vietnam, des hommes d'honneur (1992), la firme (1993), entretien avec un vampire (1994) et j'en oublie d'autres...
Et avec la maturité, il a su choisir des rôles d'une extrême difficulté: eyes wise shut (1999), magnolia (1999), vanilla sky (2001) et enfin collateral (2004).

Je n'écris pas pour vous rappeler sa filmographie géniale et exemplaire...non... Mais pour vous rappeler que l'essentiel chez un acteur c'est de vous faire rêver.
Tom Cruise n'est pas seulement une beauté plastique c'est un artiste. Peu importent ses folies passagères, sa religion, voire son prosélytisme. Tout cela ne doit pas vous faire oublier l'essentiel chez cet acteur... Que c'est un grand, le plus grand. Il ne connaît pas seulement tous les registres. Il excelle dans chacun d'eux.

Alors, finies les calomnies. On parle de cinéma non ?

05 oct.

Quel bonheur !!!

La semaine passée, je mettais en avant le résultat catastrophique qu'un scénario absurde produit sur le spectateur .Il existe heureusement des scénarii jouissifs d'intelligence : ils sont plus rares ...Il faut donc remonter légèrement dans le temps pour tomber sur quelques films qui, malgré la complexité de leur histoire (flash backs incessants, personnages inventés, voyage dans le temps, ...) m'ont apporté une réelle satsifaction . J'en choisirai 2 : L'Armée de 12 Singes et Usual Suspects .

Si le choix du second apparait comme une évidence - on peut même aujourd'hui le considérer comme le modèle du genre - je pense que l'Armée des 12 Singes est injustement passé plus inaperçu .


Malgré une histoire de voyage spatio-temporel, avec déchirure du contunium du même nom (chère à M.Gotlieb), paradoxe et autre flash back incessant entre guerre de 14-18, futur plus ou moins proche, et présent, le scénario retombe sur ses pieds, pour nous entrainer vers une fin aussi étonnante que déprimante ... Grace à une réalisation de maître, et à des acteurs réussissant là où on les attend le moins, en sortant de ce film, on a une seule envie : le revoir pour remettre toute l'histoire en ordre ; et même au bout de 5 visionnages, on réalise que tout est cohérent et bien ficelé : quel bonheur !!!


Le même réflexe nous prend en sortant de Usual Suspects : revoir le film, et voir à quel moment on s'est fait piéger !

A ce moment, on réalise que l'intelligence du scénario repose justement sur le fait qu'on se fera piéger à chaque fois, puisque toute l'histoire est inventée ; en fait, ce qui nous aggace - en en même temps nous impressionne, c'est justement l'idée d'une fiction dans la fiction ...

Habituellement, le film raconte une histoire sensée être vraie, ou véridique .Là, le film passe son temps à nous raconter une histoire qui se révèle totalement fausse, inventée par son narrateur .Et alors qu'on accepte, depuis les contes de fées, qu'on nous raconte des histoires, la force de ce film est de nous révolter en nous racontant une histoire, simplement parce qu'il nous rappelle qu'elle est fausse .C'est comme si à la fin du Petit Chaperon Rouge, nos parents nous disaient : "ca t'a plu ? et bien il n'a jamais existé !" .On le sait, mais on est vexé d'y avoir cru (et de l'avoir montré ...)
Mais pour arriver à cet effet de frustration ("comment je me suis fait berné !"), il faut tout le savoir faire d'un réalisateur talentueux (d'avantage que pour Superman Returns), d'un scénario au millimètre, et bien sûr d'acteurs acceptant de jouer des personnages fictifs dont on apprend qu'ils n'ont jamais existé (en dehors du role de K.Spacey, et encore ...) .
Et là, on se sent très bête, mais : quel bonheur !!!


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