Merci Monsieur Clint Eastwood pour avoir compris, avec une grande humanité, la nécessité nous faire partager les derniers instants de ces hommes très ordinaires dans l'horreur de la guerre.
Les sacrifices pour retarder l'avance des Américains, et chaque défenseur nippon devait sacrifier sa vie en causant le maximum de pertes à l'ennemi.
Les sacrifices inutiles au nom de la patrie bien aimée et au nom de l'honneur. Et ceux qui ne meurent pas au combat se suicident.
Sur les 22.000 japonais de l'île, seuls 1.000 survivants.

Voilà le thème du film.
Jamais l'histoire officielle ne voudra nous faire comprendre le drame des hommes.
C'est l'honneur de Monsieur Clint Eastwood de forcer ces histoires individuelles en miroir de l'Histoire alors que les témoins ont disparu. La marine impériale nippone est déjà défaite.
La bataille pour Iwo Jima - petite île perdue du Pacifique- est perdue d'avance mais l'état major japonais demande le sacrifice ultime à ses soldats.
Absence à l'écran de ces élites militaires fanatisées pour lesquelles l'honneur de combattre pour la patrie et de réclamer le don de soi (l'autre, bien sur) l'emporte sur le sauvetage des hommes.
Mais la radio de ces élites diffuse des chants patriotiques interprétés par des enfants.
Comprenez bien : la cause est déjà perdue mais la Nation réclame qu'en même cet ultime sacrifice.
Quelle est la nature de cette Nation qui réclame le sacrifice suprême au nom de l'honneur; et la Nation devient alors un monstre qui dévore ses propres enfants.
En mettant en scène les textes des dernières lettres des soldats, jamais envoyées, véritables vestiges archéologiques des derniers jours, le film ausculte les ultimes parcelles de ces hommes. Matérialisation de la peur, du patriotisme, du sens de l'honneur, de la lâcheté, du fanatisme impitoyable, de l'espoir de survivre à l'enfer.
Réflexion sur le don de soi; jusqu'où la nation peut-elle réclamer ce du ?
Est-ce la tare des nations totalitaires ou fanatisées de ne pas se fixer une telle limite.
Savez-vous que l'Amérique a décidé de l'utilisation de la Bombe A sur Hiroshima et Nagasaki face au fanatisme aveugle des militaires japonais prêts à combattre jusqu'au bout et à sacrifier tout leur peuple ?
Cruel dilemme pour une démocratie!