Philippe s'ouvre petit à petit aux autres, il renaît. Et si tout n'était pas perdu ? et s'il n'était pas le sale type qu'il avait l'impression d'être jusque là ? Alors il décide de construire la route qui donnera tant de bonheur à ces gens.
Par petites touches Xavier Giannoli (le réalisateur) ouvre son personnage à la vie. Sans jamais tomber dans la caricature il parvient à donner corps à Philippe dont on ne sait finalement pas grand chose. On sent ses tiraillements. On ressent sa solitude puis son enthousiasme.
Il ne s'agit pas de la renaissance d'un homme bon mais d'une prise de conscience du bonheur que l'on peut recevoir à en donner. A l'origine c'est un peu l'histoire d'un homme qui se prend pour le bon dieu. Grisé par le pouvoir de rendre les gens heureux. Tout cela reste bien égoïste car c'est avant tout pour lui que Philippe entreprend cette folie. Mais peu importe car cet égoïsme fait du bien.
La caméra de Giannoli filme juste: la misère d'un département dévasté par le chômage (Vincent Rottiers deuxième révélation), la naissance d'une relation amoureuse.
Mais elle ne s'enferme pas, le ballet des véhicules avant d'entamer les travaux est magnifique, l'éclairage du chantier la nuit est surréaliste.
Quel bonheur de voir qu'un sujet aussi fort soit traité avec autant de finesse ! Bravo !