Car voilà, ce n'est pas parce qu'il est gay que Steven Russell (Jim Carrey au sommet, une nouvelle fois, de son art. Le cinéma, sans cet acteur, ne serait pas ce qu'il est. Et, je pèse mes mots) est devenu ce qu'il est: un menteur invétéré, un arnaqueur, un mégalomane, un comédien, un déjanté, un jusqu'au boutiste, un flambeur, un prodigue, un rêveur. Être particulier, unique en son genre, Steven commence sa vie par un abandon. Né sous X d'une mère qui l'abandonne, Steven atterrit dans une famille qui lui apprend, sans prendre de gant, quand il a à peine 10 ans, qu'il est adopté. Moment clé d'une vie à rebondissements. On croit alors que Steven va trouver refuge dans les valeurs sacrées de la famille, qu'il est un gentil flic, un gentil mari, un gentil père, un bon chrétien. C'est vrai, en surface. Le jour où il manque de se faire tuer dans un accident de voiture, il décide de montrer sa vraie nature au grand jour et de vivre son homosexualité. L'hédonisme devient alors sa philosophie. Sa carte de crédit n'a pas le temps d'être débitée qu'elle brûle déjà sous le soleil des Keys. Les rolex, les hôtels de luxe et les Mercédès coupées sont alors payées grâce aux arnaques. Une fois en prison, Steven fait la rencontre de Phillip. Une histoire d'amour commence alors, folle, excessive à l'image de Steven.
I Love you Phillip Morris avant d'être une ode à l'amour, est l'histoire d'un homme sans limites qui, parce qu'il a décidé de vivre sa vie à 100 à l'heure sans jamais rien ne se refuser,a fait de l'arnaque et de l'escroquerie un métier. Et on se demande, qui d'autre que Jim Carrey aurait pu interpréter ce personnage loufoque? La réponse est certaine: personne. Survolté, fou, touchant, drôle, excessif, brillant, une coupe de cheveux improbable, Jim Carrey incarné en Steven Russell subjugue le spectateur de la toute première à la dernière minute. Et il finit, comme tous les autres d'ailleurs, par devenir lui aussi victime de la grande escroquerie. Car Steven est un manipulateur sans pareil. L'histoire narrée par l'homme aura le même effet que le charme d'un serpent à sonnette.Quant à Ewan Mc Gregor, en petite chose fragile, il parvient, ce qui n'était a priori pas facile, à ne pas disparaître sous l'extravagance de Jim Carrey. On retrouve l'acteur d' Une vie moins ordinaire, gauche, tendre, romantique, amoureux, mais cette fois non pas d'une Caméron Diaz dynamitée mais d'un Jim Carrey survolté.
Le film prend toute son ampleur avec le temps. Dire qu'il ne m'a pas conquise dès l'instant serait faux. Un film qui parvient tour à tour à me faire mourir de rire et pleurer à chaudes larmes, c'est suffisamment rare et désarmant pour d'emblée me plaire. Mais il laisse en plus une empreinte bien plus forte qu'il n'y paraît. C'est là le génie d'un scénario bien ficelé, d'un couple d'acteurs unique, d'une histoire folle et exubérante. N'ayez crainte d'être manipulés par Steven Russell, Chers Lecteurs, il ne vous fera aucun mal!