Enfin, Woody dont le personnage est censé ne pas faire tomber le film dans la caricature mais qui disparaît de l'histoire aussi vite qu'il est apparu.
Shane Meadows (le réalisateur) parvient à tisser le contexte social dans lequel évoluent ses personnages, la tension est palpable, l'émotion présente et certaines scènes sont fortes. Mais il manque un je-ne-sais-quoi à son scénario pour que les personnages continuent à exister une fois le film fini. On reste sur sa faim, conscient que le film est bon mais frustré que le réalisateur soit passé juste à côté du chef d'oeuvre...

L'avis de Julie
Qualifier ce petit film de "meilleur film anglais de l'année" me peut paraît franchement exagéré. Car traîter d'un sujet fort, en l'occurence le phénomène skinhead en Angleterre dans les années Tatcher, ne suffit pas à faire d'un film un chef d'oeuvre. Dire de lui qu'il est prétentieux serait également faux. Le réalisateur nous livre sans prétention les moments difficiles d'un adolescent anglais qui vient de perdre son père dans la guerre des Malouines et qui finit, un peu par hasard, sans grande conviction, par rejoindre un groupe de skinheads.
Mais c'est précisément par son manque d'audace que "This is England" pèche.
Le début du film où le portrait du jeune Shaun nous est livré est plutôt bon. Il faut dire que l'acteur qui interprète ce dernier est franchement inspiré. On ressent le mal de vivre du jeune garçon, son désoeuvrement, sa solitude. Les moments où il commence à fréquenter la bande de jeunes Ska aux doc marten's et aux cheveux "presque" rasés sonnent également justes. Le portrait d'une jeunesse anglaise en 1983 sur fond de "Madness" nous évoquent (à nous trentenaires) quelques souvenirs lointains (d'ailleurs bien résumés dans le générique de début).
Mais voilà au moment même où le film a choisi de traiter du phénomène skinhead en faisant entrer en scène Combo, on tombe dans un scénario plat, sans finition, sans intérêt, très prévisible. Combo n'est pas très crédible. Si le film nous montre que le skinhead moyen est très bête et qu'il sait s'entourer de débiles légers et d'ado en quête d'identité, il ne parvient toutefois pas à faire le lien entre son début (portrait du jeune Shaun et ses liens d'amitié avec la bande) et l'instant où il a décidé de tout faire basculer. Le retour de Combo, le dilemne des jeunes Ska qui ne veulent pas sombrer dans le néonazisme, la rupture de la bande, la relation entre Combo et Shaun, les autres....tout est laissé au hasard d'une caméra timide. Un scénario doit d'autant moins être laissé à l'abandon qu'il est censé traîter d'un sujet fort. On se retrouve face à un film décousu, sans ambition qui croit que le seul fait de montrer un skin qui fait peur peut suffire. Et bien ça ne suffit pas!