Desservis par un propos que je vais avoir peine à vous résumer, ils sont insipides. Malgré les efforts de Justin et d'Amanda, les 10 premières minutes à peine passées, on s'ennuie sérieusement. Imaginez un instant un monde où l'unité de mesure serait le temps. Oui, le temps. Un café: 1 heure. Un trajet de bus de 15 minutes: 3 heures. Une voiture de luxe: 50 ans. etc etc. Le temps dont on a besoin pour vivre, on le gagne à la sueur de son front. Après 25 ans, dans ce monde, on ne vieillit plus physiquement. Seulement les années passent quand même, mentalement. Autre détail, le temps que l'on compte toutes les secondes et qui nous reste à vivre est écrit sur une montre fluorescente au poignet. Pour regagner du temps, il faut travailler, travailler. On ne meurt pas vieux dans ce monde. Le temps est volé par des Minute Men. Et quand on dispose de trop de temps, il vaut mieux cacher sa montre. Will Salas (Justin Timberlake) fait la rencontre d'un homme qui dispose d'un siècle au poignet. Ceux qui, comme lui, ont du temps devant eux sont riches et ne vivent pas dans les bas quartiers. Ils sont à part. Mais l'homme usé par le temps qu'il ne sait pas utiliser décide d'offrir son siècle à Will. Il lui révèle un secret terrible: Le temps est gardé, conservé par les riches. Un homme en particulier. Il est donné au compte goutte aux pauvres pour mieux les maîtriser. Alors qu'il s'apprête à fêter l'anniversaire de sa jolie jeune mère de 50 ans, cette dernière meurt soudainement parce qu'il ne lui restait plus assez de temps pour prendre le bus. Fou de douleur, furieux et créancier d'une centaine d'années, il décide de quitter les bas fonds pour rejoindre les quartiers riches. Là-bas, on ne court pas, on prend son temps, on s'arrête pour déjeuner et pour dormir. Will fait la rencontre de l'homme le plus riche de temps.

Comme je m'ennuyais beaucoup beaucoup, j'ai cherché, en voyant le film se dérouler lentement devant moi, à comprendre la portée philosophique de Time out. J'y ai vu une critique du capitalisme, of course. La vérité est dans la révolution. Prolétaires, réveillez vous, battez-vous, votre destin est entre vos mains. Descendez dans la rue. Allez récupérer ce qui vous appartient.
J'y ai vu aussi une critique de notre société de consommation toujours affairée, toujours à l'affût de plus de richesses. Une critique de nos modes de vie occidentaux. On ne prend pas le temps de vivre, on travaille trop et l'on meurt d'épuisement. Ou un truc de ce goût là.
J'y ai vu une hyperbole de la crise actuelle. Thank's god, le propos est extrêmement optimiste! Car en définitive, les méchants capitalistes finissent mal.
A priori, vous me direz, le scénario est plutôt original .A priori, oui. Si l'idée de base est intéressante, elle reste à l'état de concept. Insuffisamment exploitée, elle reste larvée. Le film qui aurait dû exploser dans tous les sens, faire des étincelles, éblouir, angoisser est plat et vite ennuyeux. Le spectateur reste passif et sort vide de la séance. Il aura digéré instantanément Time Out sans rien en garder. Conseil d'amie: gardez vos précieuses minutes de vie pour un autre film.

Mini-fiche de Time Out